Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Sport

  • Le diable noir

    Il y avait, dans le village du Perthois où j'habitais quand j'étais enfant, un bon cheval de trait, à qui l'on avait donné le nom de Bijou, qui était employé, entre autre, à tirer un tombereau destiné au ramassage des ordures ménagères. On m'avait confié que ce cheval était très vieux, et que viendrait sous peu le temps où il serait mené à l'abattoir pour terminer dans des assiettes. Cela ne m'enchantait pas du tout d'imaginer ce brave Bijou débité en tranches de steaks, et dès ce jour, je pris l'engagement de ne jamais consommer de la viande de canasson…
    Quelques années plus tard, on put entendre sur les ondes une chanson qui commençait ainsi :
    « Il s'appelait Stewball, C'était un cheval blanc, Il était mon idole, Et moi, j'avais dix ans »
    Tout petit, je passais mon temps à recopier les illustrations d'une encyclopédie du dessin, et particulièrement de chevaux, au pas, cabrés, trottant ou galopant. Le cheval dont il sera question dans les lignes qui suivent, n'était pas blanc, ne se nommait point Stewball, n'était pas plus mon idole, et j'avais plus de dix ans quand j'entendis parler de lui pour la première fois.
    Non, c'était un grand cheval.
    6210_1172243101.jpgUn très grand cheval bai brun que le propriétaire avait acquis pour la somme relativement modeste de 10.000 francs, autant dire pour une bouchée de pain, mais qui fut sans conteste un placement fort avantageux, tant il rapporta du fait de ses nombreux succès de tout premier ordre.
    Je ne sais pas pourquoi, mais en entendant le nom de cet animal, prononcé par Léon Zitrone qui commentait alors la retransmission du Prix d'Amérique 1971, ma curiosité fut aiguisée, tant son nom sonnait si bien qu'il me semblait qu'il était impossible qu'il ne devînt pas mon favori. Il paraît que les pronostiqueurs ne voyaient que par Une de Mai, dont le propriétaire et l'entraîneur, animés par un goût de la communication, très prisée de nos jours, ouvraient largement box et terrain d'entraînement aux reporters hippiques, quand l'entourage du grand cheval noir interdisait tout accès aux importuns. Ce fut le « diable Noir », qui avait terminé en quatrième position l'année précédente, qui remporta la course, il ne pouvait en être autrement.


    À cette occasion, on apprit qu'en 1969 sur le chemin du retour d'une importante course sur l'hippodrome d'Agano, à Naples, le grand Prix de la Loterie, course où il finit juste derrière la somptueuse Une de Mai, le wagon qui le transportait resta immobilisé durant près de 24 heures. Il faisait un froid de canard quasi sibérien sur la ligneferroviaire d'altitude, et les douaniers avaient scellé les portes, sans se rendre compte que leur geste machinal conduirait à un drame. En compagnie de Roc Wilkes, il lutta contre le froid durant des heures et des heures : son lad tenta avec l'énergie du désespoir de garder l'animal en vie, le frictionnant avec vigueur sans désemparer. Roc Wilkes ne put survivre à cette épreuve…
    Depuis sa nuitée glaciale dans ce  wagon frigorifique de circonstance, où son compagnon, le lad Alain Blu avait su, à force de frictions énergiques, lui éviter la mort, le crack ne pouvait vivre sans ange-gardien. Une fois le cheval retiré de la compétition, l'étalonnier Albert Roumy-Goujon prit le relais du sauveteur du champion.
    Quinze années après l'arrêt de la compétition du champion, celui qui était autrefois son protecteur de tous les instants se rendit au haras où l'animal finissait tranquillement sa vie. Lorsqu'il aperçut son sauveur, Tidalium Pélo se dirigea sans hésiter vers celui à qui il devait d'être encore vivant, s'arrêta et posa délicatement sa tête penchée sur l'épaule du lad, comme l'eût fait le lion d'Androclès…
    Il se raconte que  Tidalium Pélo serait décédé le jour de ses trente ans, le 30 avril 1993, lors d'une brève escapade de son gardien bien aimé. Son cœur était paraît-il trois fois plus gros que celui des autres chevaux de course.
    Tidalium Pélo, le « Diable Noir » était un tendre, et certainement pas un mauvais cheval…


    Illustration provenant de : http://www.courses-france.com

  • La mort du boucher Martin

    201006014c0478d709be5-0.jpgJe publie de nouveau ce billet, légèrement modifié, que j'avais retiré suite à une protestation, en raison d'une actualité taurine qui m'a été relayée via Twitter par le Petit Champignacien Illustré. Ça rappelle quelque chose…

    Dans les années cinquante, ça se passe à Revin.
    La brume qui s'étale sur les bords de la Meuse gagne aussi bien les quais que les rues adjacentes. Du quai Edgar Quinet à la rue Michelet, on s'est éveillé tôt pour partir à l'usine. Les ouvriers sont en route depuis la première heure. Bientôt les écoliers s'élanceront vers le cours du quartier, non loin de la «Maison Espagnole».
    À l'angle du quai Edgar Quinet et de la rue Michelet se tient un abattoir. On se pince le nez aux abords de ce lieu. L'exhalaison putride règne en ce quartier tout au long de l'année. Par-delà les défenses des fenêtres imposantes, on feint d'imaginer la terreur que subissent les animaux conviés sans appel au supplice.                                             
    La bétaillère arrive, s'arrête devant la grille. Puis on ouvre les portes et le camion s'enfile au milieu de la cour du bâtiment de briques.
    Le protocole sacrificiel est connu de longue date : on mènera la bête, depuis sa bétaillère, descendue de la rampe au milieu de la cour. Un anneau métallique est fixé dans la pierre. Une corde attachée au mufle du taureau, on la passe aussitôt dans la rondelle au sol. Foin de délicatesse, il faudra agir vite : On tractera le lien pour contraindre la bête à baisser au plus bas les cornes de sa tête. Au milieu de son crâne la hache s'abattra. Elle ne bougera plus, sa cervelle éclatée. Muni de son tranchoir, lors le tueur fendra la jugulaire bovine pour parfaire son travail. Si tout se passe bien.
    À présent, le mâle cornu est là, immobile dans le véhicule qui l'a transporté jusque dans cette cour d'abattoir. Racafourné(1) dans la cabine de la bétaillère, le chauffeur surveille la scène avec appréhension et un courage distant. Les trois gaillards chargés de mettre à mort la bête considèrent la tâche avec indifférence. Marqués par l'habitude, ils ne se soucient guère des caprices d'un taureau qu'ils ne connaissent pas.
    Mais le récalcitrant ne veut pas avancer. Campé sur ses sabots, il refuse de bouger. Puis soudain il s'agite, sort de la bétaillère, faussant la compagnie des trois tueurs surpris.
    Le mâle est d'importance. La grille métallique qui se doit de contenir toute velléité d'excursion intempestive ne résistera pas à cette ardeur taurine. Voilà le fauve errant dans les rues de la ville, parcourant son chemin d'un pas déterminé. Il ne sait où il va, mais court avec entrain. Il remonte petit à petit vers le centre de la cité, en provoquant l'effroi des riverains affolés, catchis pa'dri l'tas d'bos ou beûquant pa'l baouette (2). Certes, la ville fut jadis sous la coupe espagnole, mais au grand jamais la corrida n'est entrée en Ardenne dans les us de la vallée.
    Au bout de cinq-cents mètres, il rencontre un cycliste. En voyant l'animal, le gars roule sur le schiste. Il reprend son vélo en guise de bouclier. Le taureau est surpris, et préfère s'éloigner. Alors sa volte-face le conduit vers le quai. Le retour de la bête à son point de départ est aussi surprenant qu'il est une aubaine pour les compères pressés d'en finir au plus vite. Jugeant que le taureau a bien trop profité de sa remise de peine, il est temps qu'on procède, après cette ultime randonnée citadine, à l'exécution des hautes œuvres consignées dans le registre d'activité de l'établissement. Ramené de lui-même à son funeste sort, l'animal, pense-t-on, vit ses derniers instants.                           
    Parmi les hommes chargés de la funeste tâche, un nommé Martin, qui n'est pas du genre à s'en laisser conter, nullement intimidé par la bête et ses fantaisies déambulatoires, se fait fort de lui régler son compte en deux temps et trois mouvements. Mais le taureau repère une manière de ruelle, et s'y engouffre sans crier gare, estimant trouver là une issue convenable. Mais le couloir est un cul-de-sac. L'animal panique devant un mur infranchissable, et ne sait pas reculer. Martin le sait, et compte bien profiter de la situation pour le maîtriser définitivement. Dans quelques instants, il aura le dessus face à la bête à cornes, prise au piège, il en est persuadé.                                              
    Mais soudain, le taureau, dans un ultime effort, feint de grimper au mur, retombe, par une pirouette invraisemblable, sur ses sabots, face au boucher. Il fonce droit devant et l'emporte avec lui. La course folle cesse tout au fond d'une stalle. La corne du bovin a entamé la brique sur plusieurs centimètres. Puis l'animal repart déchaîné, enragé. Dans la stalle le boucher s'est juste relevé, a refermé la porte, a baissé le loquet. Puis il tombé mort, un trou dans le thorax. Une corne lui avait transpercé le cœur.                         
    Alors que l'homme gît derrière la porte close, on prévient les gendarmes, qui arrivent en nombre. Équipés d'armes de guerre, arrivés sur les lieux, ils se mettent en ordre afin de le tirer. Le taureau est féroce, et ne tient pas en place. Confiné dans la cour de l'abattoir, il n'a aucune chance de s'échapper désormais. On lui tire dessus à balles rabattues. Une multitude de munitions ne permet pas d'en venir à bout. Les murs de la cour ressemblent maintenant à une passoire, mais la bête est bien là, toujours vaillante. Profitant d'un soupçon d'immobilité, on vise juste pour le coup. Une balle pénètre dans le front de la bête, explose dans son crâne.                                                                
    Ce fut le seul jour de sa vie où Jean arriva en retard à l'école...

    Jean Evrard est aujourd'hui aveugle. Mais ses souvenirs sont toujours frais. C'est en partie de lui que je tiens cette histoire. Évelyne et sa mère m'en ont aussi parlé. Jean Evrard avait treize ans lorsqu'il vit de ses propres yeux, alors valides, une bonne partie de cette histoire que se racontent encore les anciens du pays.

    1. réfugié
    2. caché derrière le tas de bois, ou regardant furtivement par l'entrebâillement de la fenêtre.

  • Toujours positifs !

    Floyd Landis, célèbre ancien vainqueur du Tour de BravePatrie, a fini par cracher le morceau : il aurait bel et bien forcé un tantinet sur le flacon de SuperBurnol afin d'enfiler le maillot jaune dans l'édition 2006 restée dans les mémoires des fondus de la pédale.
    Au passage, il en a profité pour déverser d'odieuses et irrespectueuses calomnies en direction de son ancien patron d'équipe, l'angélique Johann Bruyneel, et l'immaculé Lance Armstrong qui, à bientôt 53 ans, s'apprête à remporter par la seule force de son mental et de ses mollets son  dix-septième Tour de France cycliste.

    sarko-armstrong-buynel_0.jpg
    On comprend qu'il s'agit là d'une tentative indirecte de déstabilisation de notre brave président, qui n'a jamais caché son admiration pour le multimaillotjaune texan.
    Pourtant, M. Armstrong avait su se monter très aimable envers celui qui s'est fait prendre comme un voleur de poules. Mais que voulez-vous, la reconnaissance n'est plus ce qu'elle était.
    Et que penser de ces pseudo-spécialistes qui, comme le Docteur Jean-Pierre de Mondenard, de sinistre mémoire, s'évertuent, en dépit d'une absence de preuve pourtant incontestable, d'accuser follement SuperBiker de truander lâchement pour l'emporter.
    Pour preuve, on n'a jamais vu en course le champion étatsunien une perfusion plantée dans le bras, il n'a jamais, au grand jamais, dépassé le seuil d'alerte du compteur Geiger, ses contrôles techniques chez Dekra sont irréprochables, et n'ont nécessité aucune contre-visite, et les perquisitions dans les cartables de ses enfants n'ont aboutiqu'à la saisie de trois Michokos, une boîte usagée de Tic-Tac et des restes de Smarties.
    Monsieur Propre, naturellement, contre-attaque : «Floyd a perdu sa crédibilité il y a longtemps", a fait valoir Lance Armstrong. "Nous n'avons rien à cacher, rien à fuir", a souligné le septuple vainqueur du Tour de France», c'est du moins ce que nous tartine un magazine crypto-trotskyste.
    Monsieur Lance, un polymusclé, mec à la redresse qui réussit à claquer un max de potirons dans le bac à légumes de ses compagnes successives -tout en s'étant fait raboter les humbles génitoires, qui avaient le tort d'augmenter les frottements, et qui détérioraient notoirement le coefficient de pénétration- ça force nécessairement le respect.
    Cela dit, le boss, assez à cheval sur tout ce qui concerne ses prérogatives, n'entend pas concéder un pouce de terrain à ses détracteurs même s'il refuse -fort logiquement- de répondre aux assauts des journalistes de la presse de caniveau et de bas niveau, des fouille-bren à la recherche maladive et obsessionnelle du moindre pou de corps dans sa pilosité pelvienne.
    L'autre cible de notre ami Délateur Anonyme : Johann Bruyneel, directeur sportif belgien. L'honnêteté légendaire et la transparence absolue du responsable sportif flamand, tout comme la noblesse patentée du multichampion étatsunien sont telles qu'aucune allégation venant d'un soi-disant sportif notoirement dopé (puisqu'il l'a reconnu lui-même) ne pourrait entacher la réputation de pureté et  salir la souvenance des actes de bravoure de Lance Armstrong…
    Malgré cela, de sinistres obscurantistes, croyant dur comme fer à leur chimère, vont, caquetant au plus dru et scandent que le dopage existerait bel et bien :
    "Nous sommes très intéressés d'en savoir plus sur ce sujet et nous resterons en liaison avec l'Agence américaine antidopage (USADA) et toute autre autorité ayant les compétences adéquates pour aller au coeur des questions posées", a affirmé pour sa part le président de l'Agence mondiale antidopage (AMA) John Fahey.
    Il serait pourtant temps que le cyclisme soit enfin et définitivement débarrassé de ces êtres malfaisants qui font aun grand tort au business sport cycliste.
    Heureusement, les autorités veillent au grain et  sur un coup de fil du brave président, de saines mesures ont rapidement été mises en place. Que grâce lui soit une fois de plus rendue.
    Poil à la nuque.

  • Un Blanc pour nos Blacks

    Pour faire courir une band' de joueurs, des blacks, des blacks
    Y'aura un nouvel entraîneur, un blanc, c'est Blanc
    Qui viendra remplacer la tête à claques, à claques
    D'un nommé Raymond Domenech, un gland… un gland

    L'Afrique du Sud c'est pour bientôt, ils ont le trac
    Les bleus s'en iront vers Le Cap sans aucun plan
    Se prendront-ils pour terminer un' claque… un' claque
    Dira-t-on d'eux qu'c'est une équipe de tire au flanc

    On n'aurait même plus le moral, la gnac… la gnac
    Avec Raymond, nos joueurs seraient tous sur le flanc
    On dit même que certains iraient au claque… au claque !
    S'raient près de déposer les armes, l'bilan, l'bilan

    Que peut-on miser sur nos joueurs, nos anciens cracks
    Peut-être pas un seul euro, un franc… un franc !
    Des demi-soldes qui s'retrouvr'ont de frac… en vrac
    Qui n'vaudront même plus un coup cidre, de blanc, de blanc ?

    En attendant faut éponger les flaques, les frasques
    De Ribéry et ses querelles d'All'mands… d'All'mands
    On dit aussi qu'des joueurs payés au black… au black
    Ne sont capables de tirer qu'des coups… à blanc !