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Le Bœuf qui Pleure @LeProfHiggins - Page 2

  • Des habits neufs pour Nicolas Demorand

    Vous souvenez-vous cet  entretien radiophonique où l'on pouvait entendre, mais aussi voir, sur l'antenne d'Europe 1, l'élégant et rigoureux Nicolas Demorand interrogeant un désinvolte Jean-Luc Mélenchon vêtu de haillons -à moins que ce ne fût le contraire- affirmer à son invité dans un français impeccable : « le peuple qui vous a jamais élu, hein, Jean-Luc Mélenchon… »

    Bon, évidemment, invité à s'expliquer sur son excès de politesse, toute honte bue, le dandy enrobé tenta bien, à l'occasion d'une séance de rattrapage télévisuel, de concéder une petite erreur factuelle, ayant voulu, dans la remarque d'origine, indiquer que M. Mélenchon n'avait jamais été élu député. Bon, si ce n'est que ça…
    On n'ira pas dire que Nicolas Demorand n'est pas rompu à ces examens de l'école de la deuxième chance : pas plus tard que le 5 mars dernier, dans les colonnes du journal qu'il dirige depuis quelque temps, le même aimable Demorand nous expliquait, la main sur le cœur et la mort dans l'âme : «  Oui, pour cela, il faudra rendre des droits chèrement acquis et des protections sociales.
    Oui, il faudra bâtir des compromis au sein des entreprises sans quoi celles-ci fermeront…»
    Mais attention, tout cela, et il n'a pas peur de le marteler lui-même, « Aucune des phrases qui précède n’est dictée par l’idéologie qui normalement les inspire », ce qui, bien sûr, n'a rien à voir avec « le socle idéologique de la bonne vieille droite française…» et, partant, nous rassure totalement…
    D'autant que, fidèle à ses habitudes, ledit Demorand nous montre qu'il sait faire preuve de magnanimité, puisqu'un peu plus d'un an auparavant, il stigmatisait les propositions du gouvernement précédent, certes porteur d'une étiquette notoirement différente, mais dont les grandes lignes ont été reprises quasiment à la virgule près par la nouvelle équipe dirigeante sous la férule du président Hollande.
    Il affirmait, pour le coup, le 31 janvier 2012 : « Dans la grande volte-face de cette fin de quinquennat, en dépit des crises profondes du capitalisme, des discours vibrants sur l’Etat, des rutilantes commissions de Nobel d’économie sur la mesure du bien-être et le progrès social, nous voici revenus au socle idéologique de la bonne vieille droite française…»
    Rassurons-nous : on tient, en Nicolas Demorand, un personnage d'exception, alliant le brillant aux contingences de la vie de courtisan. Ne vous rappelle-t-il pas quelqu'un ? Allons, ne cherchez plus…
    Voir aussi cet article dans Arrêt sur Images.

  • Une touffe de cheveux sur la langue…

    Afin de disserter sur le thème du serment, Michel Polacco avait invité, dimanche 27 janvier 2013, le sourcillesque Michel Serres pour causer avec lui.
    En manière d'illustration liminaire, ledit Michel Polacco crut bon de nous assener quelques exemples puisés dans ses ressouvenirs personnels : « En guerre, le colonel Leclerc, en Libye prononce le serment de Koufra ; pendant la révolution, le serment du Jeu de paume ; en peinture, on connaît le Serment des Horaces, œuvre de Jean-Louis David … ».
    Chacun sait que le serment du Jeu de paume, c'est ceci :

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    de Jacques-Louis David, et pas cela
    Évidemment, arrivés à ce stade de l'écoute, on se demande par quel miracle, ou par quel niveau de distraction de l'invité il a été possible qu'on laissât diffuser à l'antenne une telle invraisemblable coquille.
    Toutefois, la suite est assez fun puisque, vers 5:50, c'est Michel Serres qui s'emmêle à son tour les pinceaux, mentionnant que ce sont les étudiants en médecine qui prêtent le serment d'Hippocrate ( ce sont les médecins qui se doivent de prêter ledit serment ), une cinquantaine de seconde après avoir cafouillé, s'étant précipité pour dire « femme enceinte » en lieu de place de « mère porteuse »… Bon, il ne faut quand même pas tout jeter, et dans cette intervention quelque peu salmigondesque, on peut trouver quelques informations intéressantes, mais nul doute qu'à l'issue de l'écoute d'un tel entretien, Joris-Karl Hysmans se fût trouvé consterné par ce duos de phraseurs passablement raseurs…

  • « Restaurer la dignité…»

    « À la Croix-Rouge, nous nous attachons à restaurer la dignité des plus vulnérables et à accompagner ces personnes. »
    C'est beau, comme une promesse de Sarkozy avant les présidentielles de 2007.
    À Châlons-en-Champagne, hier au soir, 20 personnes n'étaient pas hébergées par l'État. Fort heureusement pour ces demandeurs d'asile, depuis quelques jours, des bénévoles ramassent les pauvres gens réduits à dormir sur le trottoir, devant l'ancienne école Joseph-Servas, maintenue cadenassée et grillagée au cas où la gent demandeuse d'asile chercherait à y trouver refuge.
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    Des solutions de fortune sont trouvées par des riverains et aussi par des gens civilisés proposant qui une nuitée d'hôtel au Formule 1, qui un ou plusieurs lits afin d'échapper au froid, à la pluie ou maintenant la neige.
    Vendredi dernier, on me conta que le responsable local de la Croix-Rouge se félicitait qu'aucune personne ne soit en situation de dormir dehors : c'était faux : en fait, il avait assisté à une réunion où il l'avait entendu dire, mais il n'a pas lui-même relayé cette information erronée. Deux tentes étaient posées à même le trottoir en face de la permanence châlonnaise de la Croix-Rouge, tentes qui sont installées après vingt heures et démontées le matin avant huit heures et demi.
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    Alors, bien sûr, quand la police municipale ou les permanents de la Croix-Rouge font un tour dans la journée, ils ne voient, et pour cause, personne y dormir la nuit…
    Dimanche soir, nous étions quatre à nous répartir ces demandeurs d'asile, pour suppléer à la carence de l'État.
    Ce matin, Mrs. Higgins s'est rendue au local d'accueil pour les demandeurs d'asile de la rue Joseph-Servas afin de demander quelle solution était envisagée pour héberger, comme il est prévu, ces personnes. La réponse a été fidèle au principe énoncé en première ligne de ce billet : « Ça ne nous regarde pas…»

  • Un léger mal de tête…

    harsnaqar3-370x246.jpgYéva* travaillait dans ce restaurant  à Erevan du 15 mai au 17 juin 2012.
    Depuis le 17 juin, elle n'y travaille plus. L'excessivement sympathique patron du restaurant, un certain Ruben Hayrapetyan, par ailleurs président de la fédération de football et député du parti républicain, a eu le regret de voir la réputation de son établissement quelque peu altérée par un regrettable incident, au terme duquel un médecin militaire, nommé Vahe Avetian, a bêtement perdu la vie, après avoir été confortablement secoué par des gardes du corps dudit avenant et courtois Ruben. Petite nature, Vahe a lamentablement arrêté de vivre après de légères fractures du crâne, douze jours après ce traitement de faveur. Migraine ?…
    Le problème, pour Yéva, c'est qu'elle  a été témoin d'une discussion au cours de laquelle l'aimable M. Hayrapetyan proposait de « punir » le médecin Vahe Avetian, en projetant purement et simplement de l'assassiner, ce à quoi le garde du corps répondit favorablement.
    Le forfait  ayant été commis, restait que Yéva avait tout entendu concernant le coup de main ourdi par les pieds nickelés à la solde de l'oligarque. Dès lors, les menaces se mirent à pleuvoir tant à son encontre qu'au sujet de l'intégrité physique de ses deux enfants, âgés de huit ans et de dix ans.
    Naturellement, elle déposa plainte auprès de la police, mais la maison Poulaga locale lui fit comprendre qu'on ne mangeait pas de ce pain là et on refusa tout net d'enregistrer sa plainte ( «  ես մեկ անգամ եմ փորձել բողոքել դրանից հետո ամեն ինչ ավելի վատացավ եվ ինձանից դիմում չվերցրեցին ». Pire, dès lors, en sus les menaces répétées des gardes du corps d'Hayrapetyan, la police militaire entreprit de se joindre aux sicaires de Ruben pour lui faire comprendre, avec insistance, qu'elle aurait tout intérêt à la boucler, et qu'au besoin, ils pouvaient l'aider à la fermer définitivement… ( « կարելի է ասել բոլորը: ոստիկանությունը թիկնապահները ռազմական ոստիկանությունը » )
    Depuis, elle n'a eu cesse que d'échapper à cette atmosphère de terreur, craignant pour sa vie et celle de ses enfants. Ces derniers jours, elle a pu partir, avec ses enfants, pour Saint-Petersbourg afin de se diriger vers Paris le 20 novembre.
    Libérée de la zone de rétention le 24, elle fut reçue un temps chez l'oncle d'un ami à Paris, puis elle fut transférée à Châlons-en-Champagne où elle arriva lundi matin.
    Alors que les demandeurs d'asile originaires d'Arménie, Géorgie ou d'autres contrées affluent à Châlons sans savoir quel sort les attend, Mrs. Higgins, devant le spectacle de cette mère et ses deux enfants réduits à dormir dans la rue, s'est chargée de les accueillir à la maison. C'est ainsi que je les ai trouvés en rentrant du travail.
    Combien de temps cela durera-t-il ?

    Selon Benoist Apparu, obscur adjoint au maire de Châlagne-en-Champons, le problème doit être réglé par la « rotation » habituelle : c'est à dire le temps que les demandeurs d'asile obtiennent un rendez-vous à la préfecture, se voient alors la possibilité d'être hébergés temporairement, puis au bout d'un certain laps de temps, être expulsés vers le pays qu'ils cherchaient à fuir. Souhaitons à Bruno-Bourg-Broc, le maire, et à Benoist Apparu de se joindre ne serait-ce qu'un instant à ceux qui essaient de comprendre un peu le sort de ces exilés de force, afin de trouver une autre solution qu'un coup de pied au cul une année après l'arrivée sur le sol français.
    Sic transit gloria mundi…

    (*) Prénom d'emprunt.

  • Merci Patrons !…

    Quelle crise ? Alors que Mme Laurence Parisot nous gringotte à longueur de semaine une plainte digne de celle de Mimi dans la Bohème, suppliant qu'on accorde aux pauvres entrepreneurs des mesures radicales leur permettant d'être « compétitifs » - c'est à dire baisser les cotisations patronales, limiter les salaires et virer un max de personnel sans indemnités - des petits malins ont compris que certaines aubaines se pointaient à leurs portes. Ainsi, l'avenante œuvre de bienfaisance Renault, dans un élan de générosité qu'on hésitera pas à qualifier  d'admirable, se propose de créer de l'autre côté des Pyrénées - et cela, sans même avoir à restituer la dépouille d'Aurore Martin - un contingent de 1300 emplois généreusement rétribués à 72,5 % du salaire d'un agent qualifié…
    Même que pour avoir le droit de ne plus être au chômedu, les durs-au-boulot ibériques choisiront peut-être d'en faire un peu plus pour être révérents avec leur bienfaiteur Carlos Goshn.
    D'ailleurs, ils ne se distingueraient guère, si tel était le cas, d'une majorité de prolétaires franchouillards, qui, bon gré mal gré, seraient prêts à accepter de bosser quatres heures en plus par semaine pour ne pas déplaire à leur boss


    Et ce n'est même pas la boutique de la sainte patronne Laurence IfoParisot qui sort le chiffre de 53% de bravesprolos adeptes de la collaboration patronale, mais le petit boutiquier OpinionWay, bien connu pour ses sympathies avec les altermondialistes d'ATTAC et le Front de Gauche de M. Mélenchon…
    Bon, bien évidemment, on ne fait pas d'omelette sans casser quelques œufs, et il ne serait pas étonnant qu'on nous annonce, d'ici quelques mois, une petite compression, ici ou là dans les unités de production Renault survivant encore dans notre vieil hexagone si long à se mettre à la page de la performance et de la compétitivité. Mais vous le savez bien, il y aura toujours de grincheux pour saboter le moral des troupes.
    Allez, patron, encore un petit coup de fouet, siouplaît…
    Alleluïa garanti…

  • À deux pas de chez moi…

    Allez voir mes voisins !…
    Ils sont géorgiens, kazakhs ou encore arméniens. Une simple ouverture des locaux de l'ancienne école Joseph-Servas, aujourd'hui désaffectée et propriété de la ville de Châlons-en-Champagne permettrait à ces demandeurs d'asile d'obtenir un minimum : un toit, de l'eau, des toilettes. Cela, le maire, Bruno Bourg-Broc faisant montre d'une charité chrétienne… très mesurée, ces réfugiés ne l'ont, à cette heure, toujours pas obtenu.


    En revanche, quelques citoyens de la ville, se faisant une autre idée de la solidarité, apportent aide et réconfort à ces gens paisibles et aimables, réduits à se pelotonner sous des toiles de tente alors qu'il gèle désormais la nuit dans notre ville.
    Elles s'appellent Marie-Pierre, Catherine, Marie, Charlotte, Dominique, Véronique, Evelyne ou Mireille, et elles apportent chacune une ou quelques pierres à l'édifice de la solidarité qui permettra -on peut rêver- d'espérer un futur simplement correct pour ces gens que nous commençons tout juste à apprendre à connaître. Elles font par leur action pacifique et solidaire la guerre à la bêtise, à la méchanceté, à l'ignorance et à la négation de l'autre.
    Tous les soutiens à leur action sera bienvenue.