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Film

  • Bienvenue en Chlech'viche-Holchetaill'n

    Le Bœuf Qui Pleure, profitant de la trêve estivale, est parti en transhumance vers des contrées plus ou moins lointaines en passant par la Forêt Noire.
    ausflug-gengenbach.jpgFaisant étape à Gengenbach, happé par une foule qui le traîne qui l'entraîne dans un endroit totalement inconnu, il se retrouve à devoir payer un ticket d'entrée pour ce qu'il pense être une fête de la bière.

    Vous savez ce que c'est, dans ce territoire ennemi allemand, on parle -probablement par crainte des représailles- la langue de l'occupant. Surprise, ce n'est pas une Sommerfest, mais une projection en plein air d'une œuvre typiquement locale, si l'on en croit le titre de certaines affiches visibles çà et là : «Willkommen bein den Schti's». Toujours dans la langue de l'occupant.
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    Bien entendu, le public, fort nombreux, est constitué de buveurs de bières portant chaussettes de laine et culotte de peau, ainsi que de Fridas et de Gretchens arborant le Bollenhut à pompons rouges ou noirs. C'est comme ça et pas autrement, la discipline se paie au prix fort.
    La nuit finissant par tomber, la projection commence. Rires gras et intenses dès l'apparition du générique. Le film est bien allemand. Ça s'entend au premier coup d'oreille. Curieusement, on perçoit une volonté du cinéaste de situer l'action en France, mais au fond, ça ne prend pas : les personnages parlent bel et bien l'allemand. Pour faire plus français, on voit se dérouler une carte de France avec les noms de villes connues. Mais ça ne va toujours pas, il doit bien s'agir d'une aventure en pays teuton, qui nous mènera de Lindau jusqu'au Schleswig-Holstein. On voit apparaître sur l'écran un personnage conduisant non pas une Béhème comme il se devrait, mais une berline de la marque française Peugeot, toujours pour faire exotique. De surcroît, ce personnage porte un nom typiquement juif, M. Abraham, un peu écorché dans cette œuvre, puisqu'on entend parfois «Abram's» et même «Abram'ch». Ce personnage sera dépeint durant toute l'œuvre comme sympathique, ce qui, au passage, tend à démontrer que,décidément, l'Allemagne n'en finit pas de passer la serpillière sur son passé douloureux. Qu'attend Philippe Val pour réagir ?


    Comme on peut le voir sur la vidéo, la production a usé de grosses ficelles pour dégotter des acteurs ressemblant peu ou prou à des artistes chevronnés du septième art hexagonal. Ainsi, on trouve une comédienne ressemblant fort à Line Renaud, qui joue la mère d'un acteur évoquant assez bien Dany Boune. Mais la supercherie est vite décelée quand apparaît un simulacre de Michel Galabru, en réalité un retraité sino-germanique jaune de Naples rappelant difficilement l'adjudant Jérôme Gerber.
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    Non, décidément, nos voisins à casques-à-pointes ont trop d'idées reçues au sujet de la France et des Français...