lundi, 15 décembre 2008
Aimer une Ville...
Jusqu'à présent, n'avaient été exposées dans cette rubrique que des œuvres volontairement décalées.
Cette fois, avec ce monument de la chanson française contemporaine, on atteint le sublime.
Philibert Besson, qui fut l'objet, il y a quelques années, de l'attention particulière de Bruno Fuligni, qui lui consacra un livre avait innové, durant les années trente, dans la propagande électorale, assurant sa retape en usant de procédés jusqu'alors inconnus dans notre pays. La chanson exposée dans les lignes qui vont suivre ne comporte, il faut le reconnaître pas de quoi casser trois pattes à un palmipède, mais mériterait un chapitre dans un futur ouvrage de Fuligni. Cependant, comme nous pourrons le découvrir un peu plus loin, le personnage n'hésite pas à faire don de sa voix à une ville qui négligera pourtant d'accorder ses faveurs à ce prometteur de bon jours. Quel dommage !
Mais portons une oreille attentive aux propositions du troubadour :

«aimer une ville, lui redonner son âme, lui rallumer sa flamme, en tomber amoureux...»
C'est fou ce que les candidats aiment leur ville au moment de élections !
Ainsi, nous savons que le candidat se propose d'aimer cette ville, une ville qui aurait perdu son âme, sa flamme (tiens, tiens...) et pourquoi pas son honneur ?
Poursuivons.

L'équipe municipale qui accompagne le postulant aux fonctions de premier magistrat fait à son tour, mezza voce, entendre sa voix, au risque, malheureusement de n'en recueillir qu'une faible quantité, tant on semble percevoir dans ce chœur improvisé une justesse approximative, un enthousiasme mesuré et un allant résolument discret.
Néanmoins, nous savons à présent où se situe le drame.

Continuons notre pérégrination:

Diantre ! Je vous rassure, malgré les trémolos caractéristiques, de Môrice Bénin il n'est nullement question de retour ...
On aura remarqué que le ménestrel s'est glissé au passage dans le costume du prince charmant qui se propose d'appliquer le baiser rédempteur à la belle endormie, afin de l'extirper de la cuirasse de Morphée de laquelle elle était prisonnière depuis tant d'années. C'est sobre, généreux.
Évidemment, après cette représentation onirique, le salmigondis qui suit, mêlant les charolais, l'art lyrique muet (on verra par la suite ce qu'il propose à ce sujet), la thermalité et le carnaval (qui auraient donc été inscrits sur la colonnes des pertes et profits) paraît plus indigeste.
Allos un peu plus loin :

Dans une brume de voix à peine discordantes, le candidat s'expose pleinement, écartant son manteau pour se présenter, au nom de la ville, comme «son meilleur avocat».
Comment pourrait-il en être autrement ?
Alors, vous avez pigé ? Qui c'est-y donc qui nous chante tout ça ?
Ah, ah ! Vous n'allez pas tarder à le savoir, sauf si vous avez écouté l'excellente émission de Philippe Meyer «la prochaine fois, je vous le chanterai», auquel cas l'identité du chansonnier fortuit ne vous est plus inconnue.
Un peu de boniment encore, pour patienter un brin.

Eh oui ! Il dépose verbe et bagage pour le plus grand bien de la populace locale, et puis nous dit son nom ! Sa verve ne manque décidément pas de gêne...

Ça fout les boules !
Que nous propose donc ce ténor du barreau pour redonner du souffle à l'art lyrique ?

Ça nous laisse sans voix.
11:29 Publié dans Déjantons sous la pluie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vichy, municipales 2008, philippe meyer, bruno fuligni
mercredi, 22 octobre 2008
Puant !
Maintenant que la Phynance mondiale a été sauvée grâce à la détermination, au courage et à l'humilité de Notre Très Grand et Puissant Seigneur Président de la France et de l'Europe Annexée, le sauvetage de l'environnement et le profit développement durable sont désormais assurés du fait du plébiscite des députés sarkocialistes présents hiers au Palais Bourbon pour ratifier le Grenelle des écotartufes de l'Environnement pour le plus grand plaisir de MM. Nicolas Hulot, Vincent Bolloré, Yann Arthus-Bertrand, Mme Dominique Voynet-Mc-Donald et consorts.
Jacques Debronckart, avait donné sa réponse par anticipation, en 1974, à l'époque de l'arrivée de M. Giscard de la Tour-Fondue d'Estaing à l'Élysée :
LA COMPLAINTE DU P.D.G.
Ils disent que ça sent mauvais autour de mon usine ! Je conteste ! Je dis non ! L'expert n'a rien senti, lui !
Alors, ils ont dit qu'il avait de la sinusite ! Quelle mauvais' foi, hein ? Ça n'a pas d'nom ! Ah ! je les retiens, mes voisins ! Quand je pense à leurs H.L.M. Où y-a toujours quelqu'un qui a un chou-fleur à fair' cuire ! Non, ils veul'nt m'emmerder, c'est tout !
Ces gens-là sont tous les mêmes ! J'ai réussi... alors, y peuv'nt pas m'sentir,
c'est tout ! Peuv'nt pas m'sentir !
Tenez, j'habite av'nue Mozart,
premier étage au-dessus d'un fleuriste : Y'a des jours où ça sent très fort le mimosa ! Est-c'que j'en fais un plat, moi ?
Est-c'que j'envoie des pétitions au ministre ?
Mais non : j'prends la voiture... j'vais faire un tour au Bois... La s'main' dernier', pour faire un test, j'y suis allé, à l'usine : Je suis resté devant la porte un bon quart d'heure... Aucun malaise... peut-être un léger
mal de tête... mais quoi, avec deux aspirines,
Pfft ! envolé !... en douceur !
Mais rien n'arrêt' la calomnie ! Du coup, mes ouvriers décrètent Qu'ils ne veul'nt plus mettre leurs masques à gaz !
Que ça les complexe d'avoir tous la mêm' tête ! Que ça les déprime, que ça les déphase ! Qu'y'a plus d'oiseaux, plus d'mouch's
à trois kilomètres à la ronde ! Et alors ? Est-c'qu'on a besoin d'mouch's pour travailler ? On veut des mouch's, maint'nant !
Et pourquoi pas des chais's longues ? Et des rafraîchissements ?
Des attractions, pendant qu'on y-est ?
Que j'me reconvertisse ! Au fond, voilà ! Voilà leur thèse ! Alors que mon produit est de premier' nécessité ! Sans lui, finie la bonn', la sain', la franch' gaîté française ! Oh ! Mais ça va, j'ai compris : ils sont payés par l'étranger ! Mais je ne cèd'rai pas ! Je tiendrai bon dans la tourmente ! J'appell'rai la Polie' ! l'Armée ! la Marin' ! l'Aviation ! Les Pompiers ! Le Contre-Espionnage !
Et, sous leur protection, J'les fabriqu'rai,
mes boules puantes !
(les textes de Jacques Debronckart sont à lire dans Jacques Debronckart, Dans les Bars d'Adélaïde, éd. Christian Pirot)
16:32 Publié dans Déjantons sous la pluie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grenelle, environnement, écotartufes, jacques debronckart
mardi, 24 juin 2008
Sale ! mes baskets
Sale ! mes baskets
On commence fort. Étant donné que nous avons affaire à une œuvre qui se situe dans un registre volontairement crade, on pourrait estimer que l'orthographe a été résolument traitée sur ce mode. Mauvaise impression. En réalité : c'est «c'est sale !» d'où cette interjection : Sale !
La saleté revendiquée, en quelque sorte.
L'individu porte des chaussures de sport en toile et caoutchouc de la marque Converse, ainsi qu'on peut le constater sur ce document photographique, et qui n'étaient pas spécialement bon marché en cette année 1978.
Sale ! mon manteau
Je r'foule des chaussettes
J'ai les ch'veux bien crados
On m'renifle à 100 mètres
L'aspect vestimentaire outrageusement négligé, l'absence revendiquée d'hygiène, l'infection assumée, tout semble accréditer en l'occurrence la manifestation d'une rupture provocatrice à l'encontre de la société -phénomène somme toute banal il y a trente ans- qui se voit ainsi vilipendée par un renégat : au demeurant, l'énergumène décrit lui-même cet état, ce qui laisse entendre qu'il n'est pas réellement en rupture de communication, et qu'il est toujours en conjonction avec le quidam à qui il est sensé parler. Il a conscience de la puanteur, non seulement de ses chaussettes, mais aussi de l'ensemble du corps, puisque selon ses dires, sa pestilence serait perceptible dans un rayon d'un hectomètre autour de lui, ce qui, convenons-en, semble peu vraisemblable. On aura remarqué la description par strates : saleté/puanteur/saleté/puanteur, avec une certaine gradation : mes vêtements sont sales, mes vêtements puent, je suis sale, je pue, selon un rythme témoignant de bases culturelles non négligeables qui transpirent ici dans cette bravade nauséabonde.
Vaut mieux m'voir en photo
laisse à penser que si l 'aspect olfactif est désespérément rédhibitoire, il n'en irait pas de même de l'aspect pysique, selon les critères esthétiques habituels, avec une certaine autosatisfaction de l'auteur à s'estimer relativement présentable sur une photographie. Ce qui tendrait à renforcer l'idée selon laquelle la stratégie de rupture de l'original malodorant ne serait en réalité qu'une posture ostentatoire de défiance à l'égard de la société giscardisée depuis quatre années.
Et j'ai toujours ma place dans l'métro
Le gaillard est provocateur, mais il revendique la possibilité d'user comme il le souhaite d'espaces publics relativement protégés.
Sale ! mes baskets
Sale ! mon manteau
C'est tous les jours ma fête
Et ça emmerde le prolo
D'une manière de plus en plus évidente, le gaillard se révèle être un anarchiste de droite. Pas de conscience de classe. On sentirait même un fumet de Louis-Ferdinand ressortir de l'ensemble.
Malgré tout le clodo stagiaire n'a pas réellement entamé, à ce stade, notre doute quant à la profondeur de sa conviction prétendument affichée.
J'ai vraiment pas la tête
A chercher du boulot
Cet élément est intéressant : certes, il ne veut pas chercher un travail stable, mais ce «j'ai vraiment pas la tête à...» tendrait à prouver que nous sommes en présence d'une manifestation réactionnelle à une perturbation d'ordre affectif.
Et j'ai toujours ma place au bistrot
Autre élément intéressant : en voie de clochardisation, notre zigoto ne carbure pas au Gévéor sur les bancs publics. Il va au bistrot, avec place assise et règlement de la consommation «rugby sur l'ongle», comme aurait dit Francis Blanche.
Sale ! mes baskets
Sale ! mon manteau
J'fais flipper les minettes
Avec mon numéro
L'aveu : il est bien en représentation, et cherche selon toute vraisemblance, à se lever des petites nanas promptes à se faire peur dans l'espoir et la crainte mêlés de vivre un moment d'extase dans les bras d'une façon de King-Kong de banc de métro. Comme en attestent les vers suivants :
Déroulez les carpettes
J'tire toujours le gros lot
Et j'ai toujours ma place au dodo
Nous avons la confirmation : l'olibrius couche ! Remarquons au passage la proximité des deux expressions «j'tire» et «au dodo» : comme la convention a succédé à la prise de la Bastille, le repos du guerrier fait suite à la conquête...
Sale ! mes baskets
Sale ! mon manteau
Je r'foule des chaussettes
J'ai les ch'veux bien crados
Je m'fais péter la tête
Et je vis en stéréo
On peut se demander si, au lieu de siroter du Bercy, le trimardeur ne goûterait pas plutôt aux joies des substances hallucinogènes.
Et j'ai toujours ma place dans le métro
Sale ! mes baskets
Sales et crados
Ceux qui tiennent les manettes
De notre monde parano
Qui vendent des mitraillettes
Qui roulent en char d'assaut
Y'a toujours d'la place dans leurs hostos
Faisais-je fausse route ? Toujours est-il que notre vagabond manifeste son aversion pour ce système où ceux qui tirent les ficelles, c'est à dire les vendeurs d'armes et proliférateurs de conflits -qui sont les mêmes- avec l'assentiment passif des populations décérébrées, qui au besoin, peuvent alimenter les contingents de chair à canon. Toujours est-il que l'interprétation au sujet de la manifestation provocatrice du début du texte se trouve prise à contrepied par ce dernier passage nettement antimilitariste, quoique modeste en regard des chansons de Pete Seeger, Woodie Guthrie, Bob Dylan et Joan Baez.
Mais ce côté dérisoire n'était-il pas en quelque sorte annonciateur d'une démobilisation progressive de la jeunesse revendicatrice, pour des désirs plus petitement égoïstes ?
Comme quoi le déjanté et le conventionnel, comme sur un banc de métro, peuvent afficher une curieuse proximité.
10:31 Publié dans Déjantons sous la pluie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : philippe dalecky, sale! mes masket, pete seeger, woodie guthrie, joan baez, bob dylan
lundi, 23 juin 2008
Déjantons sous la pluie.
Je songe à quelques spécialistes du genre qui ont fait de cet exercice leur fonds de commerce. On pense par exemple à Hubert-Félix Thiéfaine qui a pas mal donné dans cet exercice, même un peu trop à mon goût, pour un résultat mitigé.
Pour inaugurer cette série, un peu au hasard, je vous propose une œuvre de Robert, Jean-François, Joseph, Pascal Lapointe, plus connu sous le prénom de Boby. Cette chanson, l'Aubade à Lydie en Do se doit d'être exécutée dès potron-minet, avec vigueur et entrain, et même avec détermination, si l'on en croit les premiers vers :
Sûr, faut que je chante
Mon aubade à Lydie.
Le héros, renversant toutes les convenances va donc s'installer, et procéder à l'exécution de ce qu'on pressent être une déclaration résolue et enthousiaste.
"Ô ma Lydie tu hantes
Mes rudes rêves au lit
On perçoit dès lors la proximité «rudes rêves au lit» avec «déclaration», de revenus, comme de bien entendu, par référence à l'ancien emplacement du ministère de l'économie et des finances. L'hélidéconneur de Pézenas avait-il des soucis avec le fisc ? Rien n'est moins sûr.
Dis ! Tu me séduis en te
Riant de mes ridi-
cules Et vaines tent-
atives de concili-
ation Avec tes tantes
hâtives à te mari-
er Avec un marchand
de tapis né à Tunis"
Plusieurs remarques sont possibles à propos de ce passage.
Ainsi que l'on pourra le lire un peu plus loin, le lieu de l'action est d'une importance capitale : il s'agit de la ville de Florence, et l'allusion facile aux mœurs florentines apparaît dans ce passage, où l'on peut percevoir une étrange proximité de termes comme «avec mes tantes» succédant à «concili-» qui évoque facilement «cons s'y lient». C'est un curieux mélange des genres auquel on assiste là, dans la mesure où lesdites «mœurs florentines» s'appliquent ordinairement à la gent masculine. En ce sens, l'auteur propose une acception résolument nouvelle à cette formule.
On passera sur «hâtives à te mari-er» renvoyant à «tapis né à Tunis», quoiqu'on subodore une manière d'empêchement physique dû à un éloignement plus qu'évident.
Ainsi chantait un Italien pisan
Dessous les murs d'un palais de Florence
Car ce palais abritait justement
La fleur d'amour qui le mettait en transe
Boby Lapointe choisit donc d'exposer en première intention l'action, du moins dans le déroulement de la narration, la description du lieu de l'intrigue se trouvant de fait différée. C'est la Toscane, non pas celle, rurale, des vignes et des oliviers, ni celle, plus boisée du Mugello, mais celle, aristocratique, des palais de la cité florentine. Le chanteur-conteur n'est pas de la ville des Medici, mais de la cité de la torre pendente : l'allusion est évidente, avec son air penché, le chanteur est un peu déséquilibré, mais seulement en apparence, car, suivant le principe du barycentre, ladite tour qui semble en péril du fait de sa verticalité contrariée, n'est aucunement perturbée dans son équilibre. Ainsi en est-il probablement du sujet chantant.
L'inclination pour l'inclinaison est manifeste chez Boby Lapointe. Déjà, dans Le Poisson fa, ne chantait-il pas :
Et un bécarre,
C'est une chaise
Qui a un air penché et pas de pieds derrière;
Alors, très peu pour moi,...
le bécarre, qui marque le retour à la hauteur nominale, a un bien un air penché.
Napolitaine aux yeux de firmament
Maman m'a dit que c'était plutôt rare
Ben si c'est rare j'aime mieux les yeux rares
De Lydia que l'curare
De Lucrece Borgia
Raté ! L'élue du cœur penché vient du sud. Pire! De Naples.
Les yeux de firmament associés à la Napolitaine peuvent laisser perplexe : quelle couleur peut-on associer au firmament ? Le bleu ? Le bleu marine ? Le noir ? Quoi qu'il en soit, c'est une couleur rare, car le texte nous le soutient. On convoque Esméralda ?
Que fait donc ici cette Napolitaine dans un palais florentin ? Quelle est sa condition ? On imagine aisément que l'aubade dont il est question doit se faire sous un balcon ou quelque chose d'approchant. Hors, ladite Lydie/Lydia, qui est napolitaine, serait plus à rechercher parmi les femmes de chambre ou employées de cuisine du palazzo -donc au rez-de-chaussée- que parmi les rejetons du taulier.
Nous n'en saurons donc pas plus au sujet du rang occupé par belles aux yeux ensorcelants, mais parés de toutes les vertus en regard des emmerdements empoisonneurs de la femme aristocrate de haut lignage, aux mœurs dissolues, incarnée par Lucrèce Borgia.
Le parti est ainsi pris : ce sera la plèbe, vertueuse, en opposition à l'aristocratie, dévoyée.
V'là qu'il a dit : "O ma Ladie" deux fois
Mais sa Ladie est sourde à ces salades
"Dors ange" dit-elle en rentrant sous son toit
Au p'tit matin après une escapade
Traditionnels calembours de l'auteur du «saucisson de cheval». On repère d'emblée "O ma Ladie" deux fois rappelant
Combien à vous qui m'épatâtes, mon bon petit cœur confus doit
attestant de l'existence de symptômes psycho-somatiques. Que dire de sa Ladie est sourde à ces salades « Dors ange ... ?
Elle se dévêt en dansant avec grâce
Sans remarquer qu'un vieux voyeur en face
Fait "glot-glot" avec sa glotte
Qui tressaute
Euh! Pour faire «glot-glot » au seul moyen de l'ouverture crico-ary-aryténoïdienne, il faut se lever de plus bonne heure que cet Italien pisan... Admettons cependant bien volontiers la licence.
Lorsque saute la culotte
Que Lydie ôte
Bien entendu, on prononcera «tressaute» et « ôte » à la manière picarde, sans quoi la rime serait stupidement déshabillée...
Les tantes entendant tant d'anomalies
Lui disent : "Vilain menteur, tu nous salis"
C'est vrai qu'c'est faux d'croire qu'les tantes acculent
Leur nièce à cette union ridicule
Est-il raisonnable d'ajouter un commentaire ?
Dès lors, il convient d'adopter un accelerando, comme dans la valse à mille francs, ou la vache à mille temps, de Jean Brel et Jacques Poiret, (qui ne sont pas les deux tantes dont il est question dans le texte de Boby Lapointe) je les confonds toutes les deux...
Qui donc lui a mis cette idée en tête ?
Ne serait-ce point le marchand de carpettes ?
Si ! C'est ici qu'le sadique Sidi
A dit qu'il a dit si
Et Lydie aussi
Boby est incorrigible, il n'a pas pu s'empêcher, après une allitération dont il est coutumier, de nous pondre une autre allitération, alors qu'il pouvait, comme dans Bobo Léon, conclure par Et il est mort.
Sûr, faut que je chante
Mon aubade à Lydie.
"Ô ma Lydie tu hantes
Mes rudes rêves au lit
Dis ! Tu me séduis en te
Riant de mes ridi-
cules Et vaines tent-
atives de concili-
ation Avec tes tantes
hâtives à te mari-
er Avec un marchand
de tapis né à Tunis"
Tout cela sur une danse frénétique qui n'est pas sans rappeler la Tarentelle de Caruso (Charles Trénet), qui sera dépecée, avec tact et modération -comme il se doit- dans les temps à venir.
Ce texte a été capturé ici.
15:13 Publié dans Déjantons sous la pluie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chansons, boby lapointe, aubade à lydie en do




