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samedi, 30 mars 2013

Dupont-Moretti, l'avocat du diable…

On se plaît à l'imaginer, prenant, alors enfant, un plaisir fou à démonter les réveille-matin. On l'entrevoit aisément déposant, armé de méticulosité, chaque élément du complexe mécanisme, examinant avec soin le moindre engrenage de l'appareil, déposant ensuite l'ensemble des pièces dans une boîte, pour finalement nous assener l'apophtegme absolu : « ça ne marche pas ». Effectivement, un réveille-matin ainsi démonté aura -sauf à être remis en ordre de marche par un horloger qualifié- peu de chances de fonctionner à nouveau. Ainsi semble fonctionner Me Dupont-Moretti, et ses démontages spectaculairement mis en scène sont invariablement plus rock'n roll que ne le seraient les laborieux remontages d'un artisan œuvrant dans les règles de l'art.
Ne nous y trompons pas, Éric Dupont-Moretti, dans sa prestation à Ce soir ou jamais du vendredi 29 mars 2013, a semblé prendre la défense de Nicolas Sarkozy, englué dans le bourbier de l'affaire Bettencourt. Or, on le sait, Dupont-Moretti n'est pas le défenseur attitré de l'ex-histrion élyséen, et il est peu probable qu'il fût en quoi que ce soit mandaté par icelui pour apparaître dans les fenestrons ainsi que son conseil.
Rappelons quelques caractéristiques de notre bonhomme :

  1. M Dupont-Moretti est un avocat pénaliste qui est bien connu pour défendre les causes désespérées.
  2. Il est passé expert dans l'art de mettre en exergue le moindre vice de procédure, au point de faire passer pour souris une montagne et de transformer tout aussi habilement une montagne en souris. Détecter les failles, y placer un coin, et travailler ensuite au moyen de lourds mouvements de cognée.
  3. Tout bon avocat doit démontrer qu'il est apte à défendre les causes les plus désespérées. Au fond, il fallait bien un défenseur au Maréchal Pétain, à Barbie, à Göring ou à Pinochet… Ert ceux qui ont assuré la défense de ces crapules n'étaient pas pour autant des crapules du même tonneau. Dans le domaine de la défense des condamnés d'avance, Me Aquittator détient pour sa part, c'est manifeste, un palmarès à rendre jaloux des générations de ténors du barreau.

Ce en quoi E. D.-M. est d'une utilité publique incontestable, c'est qu'il montre à quel point la justice devrait faire gaffe à se garder d'offrir les verges pour se faire battre.
En choisissant de prendre la parole au sujet de l'affaire Bettencourt-Sarkozy, notre bouillant Éric a d'une part, donné une belle leçon à son confrère Thierry Herzog en démontrant qu'il s'y était quelque peu pris comme un manche, tant les angles d'attaque, évidents pour Dupont-Moretti, n'ont pas frappé l'esprit du défenseur de Sarkozy, qui s'est engouffré dans un premier temps dans un périlleux recours en nullité, avant de s'arc-bouter sur la pédale de frein, et conseillé aux pitbulls d'arrêter de mordre, autorisant néanmoins d'autres reptiles, comme l'a fait récemment Jeannette Bougrab, à répandre du venin contre les juges de cette affaire.
Ainsi va la vie, c'est Thierry Herzog qui défend Sarkozy…
On s'en sera douté, Big Éric s'est surtout, en cette occasion, offert une interessante page de publicité…

10:50 Écrit par boeufquipleure | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mardi, 26 mars 2013

Un poisson volant en Haute-Sâone…

Mme Marie-Christine C… est bien malheureuse. Si j'en crois sa page facebook présumée, la désespérée partage (peut-être ) un point commun avec moi, celui de cotiser à la même caisse de retraite complémentaire… Reste que Mme Marie-Christine laisse traîner le fruit de  ses réflexions sommaires dans le coin d'un certain grand journal régional ( l'Est Républicain, 25.3.2013 ). Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle a longuement fait tourner ses index au-dessus de son clavier avant de taper le fruit de ses longues et profondes réflexions empreintes d'une bonne dose de bon sens haut-Saônois et marquées du sceau de la sobriété et de la modération. Qu'on en juge, à la lecture dudit billet :
« Coup de gueule ;Pauvre France
J'ai hérité de mes parents une certaine philosophie de ta vie, à savoir : honnêteté, rigueur et courage. Toute ma jeunesse, j'ai vu mes parents travailler sans relâche pour m'offrir « un monde meilleur ». Ce qu'ils ont réussi : je suis mariée à un homme formidable, deux enfants, un travail qui me plaît car j'ai pu le choisir grâce aux études que j'ai faites. Mais depuis la dernière élection présidentielle, ma vie devient plus tourmentée entre les impôts, les énergies et la vie en elle-même qui ne cessent d'augmenter.
Mais quel est ce pays où plus vous travaillez, moins vous gagnez ? Cet argent, nous ne le volons pas, nous travaillons pour l'obtenir : tous les jours, nous nous levons très tôt pour aller et venir sans se plaindre du matin au soir et que nous reste-il au final ? Rien. Ce mois-ci, lorsque nous aurons réglé toutes nos factures courantes (impôts, gaz, électricité, logement..), il ne restera même plus de quoi se nourrir. Quel est ce gouvernement qui se permet de prendre de l'argent aux Salaires moyens sans se remettre une fois en question ?
Pourquoi faut-il payer pour toute cette France qui ne veut pas travailler ? Que faut-il faire pour que tout cela cesse ? Comment expliquer à ma fille qui est à l'université qu'il faudra être vigilante sur toutes les dépenses afin de pouvoir continuer à lui financer ses études qui reviennent à 1 500 € par mois ? Car évidemment elle n'a aucune aide puisque ses deux parents travaillent. Quelle est la solution pour enfin sortir la tête de l'eau ? Après réflexion, M. le Président, je pense que je vais faire comme d'autres Français : c'est-à-dire, démissionner de mon travail, m'inscrire à l'ANPE et surtout faire en sorte de ne pas trouver d'emploi. Je pense que vous compatirez à ma peine et m'accorderez quelques avantages, votre politique n'étant basée que sur cela, je serais aidée et entourée. Une allocation logement, des bourses pour les enfants et surtout plus d'impôts. Je deviendrais une personne de plus dépendante et fragilisée. J'ai fait un calcul, je serais gagnante de 300 € par an…
Mme Marie-Christine Claude 70300 Luxeuil-les-Bains »

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Résumons : Mme Marie-Christine C. est honnête, rigoureuse, courageuse, mariée, à un homme formidable avec lequel elle a eu deux enfants probablement tout aussi formidables. Mme Marie-Christine C. travaille, et son mari également. Passons un peu, et concentrons-nous sur sa conclusion arrivant au terme d'une argumentation fort honnête, courageuse et rigoureuse : en démissionnant, Mme Marie-Christine escompte faire une plus-value annuelle de 300€, en cessant de turbiner, mais en continuant d'apporter una manne pécuniaire à fifille qui avec courage et opiniâtreté, s'est engagée dans la voie d'études réclamant un budget annuel de 15 000 €. Remarquons que Marie-Christine nous épargne le sort de l'autre formidable enfant qui sacrifie son sort au pain sec et à la flotte du robicot pour que sa sorella puisse obtenir un diplôme décent…
Passons aussi sur le fait que l'A.N.P.E. n'existe plus, et que le montant de l'impôt sur le revenu des personnes physiques est quasiment identique à celui sévissant sous le règne du prédécesseur de François IV
Passons, surabondamment, sur le fait que Mme C. ne demande aucunement à François IV de faire cracher davantage les culs cousus d'or à l'effort phynancier de temps de crise…
En démissionnant, notre amie pense donc pouvoir percevoir les assédics. De plus, elle croit fermement qu'elle pourra, de facto, bénéficier d'une allocation logement, et qu'elle ne sera plus redevable sur l'impôt sur le revenu des personnes physiques.
Eh bien ! lançons un appel à toutes les patrouilles afin de nous trouver dare-dare quelque quidam ( espèce fort courante d'après Mme C. ) au chômedu, bénéficiant de toutes les aides possibles tout en ayant démissionné de son taf, ET capable d'allonger mensuellement trois banquenotes de 500 pour le financement des études et menues distractions de la grande.
Comme Michel Audiard faisait dire à Jean Gabin, président dans le film éponyme, « il y a aussi des poissons volants, mais qui ne constituent pas la majeure partie du genre ».  ( vers 5:35 )

samedi, 09 mars 2013

Des habits neufs pour Nicolas Demorand

Vous souvenez-vous cet  entretien radiophonique où l'on pouvait entendre, mais aussi voir, sur l'antenne d'Europe 1, l'élégant et rigoureux Nicolas Demorand interrogeant un désinvolte Jean-Luc Mélenchon vêtu de haillons -à moins que ce ne fût le contraire- affirmer à son invité dans un français impeccable : « le peuple qui vous a jamais élu, hein, Jean-Luc Mélenchon… »

Bon, évidemment, invité à s'expliquer sur son excès de politesse, toute honte bue, le dandy enrobé tenta bien, à l'occasion d'une séance de rattrapage télévisuel, de concéder une petite erreur factuelle, ayant voulu, dans la remarque d'origine, indiquer que M. Mélenchon n'avait jamais été élu député. Bon, si ce n'est que ça…
On n'ira pas dire que Nicolas Demorand n'est pas rompu à ces examens de l'école de la deuxième chance : pas plus tard que le 5 mars dernier, dans les colonnes du journal qu'il dirige depuis quelque temps, le même aimable Demorand nous expliquait, la main sur le cœur et la mort dans l'âme : «  Oui, pour cela, il faudra rendre des droits chèrement acquis et des protections sociales.
Oui, il faudra bâtir des compromis au sein des entreprises sans quoi celles-ci fermeront…»
Mais attention, tout cela, et il n'a pas peur de le marteler lui-même, « Aucune des phrases qui précède n’est dictée par l’idéologie qui normalement les inspire », ce qui, bien sûr, n'a rien à voir avec « le socle idéologique de la bonne vieille droite française…» et, partant, nous rassure totalement…
D'autant que, fidèle à ses habitudes, ledit Demorand nous montre qu'il sait faire preuve de magnanimité, puisqu'un peu plus d'un an auparavant, il stigmatisait les propositions du gouvernement précédent, certes porteur d'une étiquette notoirement différente, mais dont les grandes lignes ont été reprises quasiment à la virgule près par la nouvelle équipe dirigeante sous la férule du président Hollande.
Il affirmait, pour le coup, le 31 janvier 2012 : « Dans la grande volte-face de cette fin de quinquennat, en dépit des crises profondes du capitalisme, des discours vibrants sur l’Etat, des rutilantes commissions de Nobel d’économie sur la mesure du bien-être et le progrès social, nous voici revenus au socle idéologique de la bonne vieille droite française…»
Rassurons-nous : on tient, en Nicolas Demorand, un personnage d'exception, alliant le brillant aux contingences de la vie de courtisan. Ne vous rappelle-t-il pas quelqu'un ? Allons, ne cherchez plus…
Voir aussi cet article dans Arrêt sur Images.

10:06 Écrit par boeufquipleure | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |