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mercredi, 13 juin 2012

Manises

Trente ans après les massacres de Haybes et de Fépin, le département des Ardennes allait connaître une nouvelle acmé de violence de la part de l’occupant allemand : Revin, 13 juin 1944, 105 maquisards sont encerclés, capturés, torturés et massacrés par les forces allemandes du 36e Régiment de la Panzerdivision commandée par le colonel Grabowski. Le prisonniers seront contraints de creuser des trous dans lesquels ils seront sommairement ensevelis après avoir été fusillés. Le maquis par lui même a été constitué quelques jours auparavant, dès le débarquement de Normandie, mais le réseau existait déjà et fréquentait régulièrement les hauteurs du Malgré tout, à proximité des Hauts-Buttés, et notamment la maison de Marguerite Fontaine, chez qui transitaient prisonniers en fuite, saboteurs et parachutés divers. L’effervescence suscitée par la progression des troupes de libération engendra malheureusement certains comportements téméraires et imprudents qui facilitèrent le travail de renseignement de la gestapo.
Mauguière, un célibataire habitant au pied du Terne, avait son travail dans les bois. À ses collègues, à qui les Allemands demandèrent de les mener au maquis, il s'adressa en patois aux fins de les jeter sur une fausse piste :  « passez par les vôyettes, i’n'vous verront mie ». Battu par les Allemands , il se traîna,agonisant, jusqu'à un ruisseau pour y boire un peu d'eau, et c’est là qu’il fut achevé à coups de bûches. Son corps fracassé et démantelé fut difficile à identifier.
Uhl habitait rue Ernest-Renan était marié et père de deux enfants. Il était âgé de 24 ans en 1944. Il rejoint le maquis le 7 juin 1944. Bûcheron, réfractaire au STO, Le 11 juin au soir, il redescend à Revin pour rejoindre sa femme qui vient d'accoucher. Il passe devant le poste de DCA installé par les Allemands au pied du Malgré Tout : les Allemands l'interpellent, le prenant pour Charton, chef du secteur maquisard de Revin. Interrogé  durant toute la nuit, il parle, sous la menace. Le lundi 12, on lui demande de mener les soldats de la Wehrmacht dans Revin, afin qu'il indique les maisons de Cochard ( le boulanger ), Jodelet, Estivalet, Charton. Seul Jean Cochard sera arrêté, les autres ayant réussi à prendre la fuite à temps.
À midi, Léon Uhl mène sous la contrainte les Allemands dans les bois pour leur montrer où se trouve la maquis, mais réussit à faire prévenir Jacques de la Bollardière pour le prévenir de sa propre trahison. Au total, 105 des maquisards tomberont dans les rets des nazis.
– Robert Brasseur, né le 17 juillet 1925, arriva au maquis le 7 juin 1944.  Sa mère est morte quand il avait huit ans : elle descendit un jour à la cave, et ne remonta jamais…
Plus tard, blessé par la chute d'un chariot alors qu'il travaillait dans les bois , ou il était employé aux travaux de carbonisation,  Robert fut blessé gravement, perdant l'usage d'un rein. Néanmons, il tint à rejoindre ses camarades au maquis… Il ne fut pas fusillé. S’étant enfui  lors de l’assaut des Allemands, il fut rapidement capturé. Attaché à une corde et traîné derrière un camion sur plusieurs kilomètres, il périt durant cette engageante partie de campagne, à son corps succombant. Quelque temps plus tard, c’est Marie-Antoinette Brasseur ( ma belle-mère… ) qui permit d’identifier le cousin de son mari Jeannot, grâce à… la boucle de son ceinturon, le visage de Robert ayant disparu dans cette funeste aventure.
– Fabien était un innocent qui habitait à Revin, sur le chemin qui mène au Malgré Tout. Il travaillait chez Porcher. C'est lui qui ravitaillait le maquis avec le pain fabriqué chez Cochard. Capturé par la Gestapo au sujet de ses activités et torturé afin qu'il donne les noms des maquisards, il n'avoua jamais, ce qui lui vaudra le plus grand respect de certains habitants de Revin par la suite.
En définitive, on chargea Uhl au maximum, mais le maquis avait déjà été « donné », notamment par le patron Pierre Faure, qui avait dénoncé à qui mieux mieux les activités de certains syndicalistes ardennais durant l'occupation. On présume que Pierre Faure, fervent pétainiste, maire provisoire de Revin durant l'évacuation, en l'absence de Firmin Leguet,  avait « acheté » Uhl pour le compte de l'occupant, dans le but d'obtenir des renseignements au sujet du maquis ( effectifs, localisation ).
Faure sera soupçonné de s'être rendu sur les lieux du massacre, avec des officiers allemands, afin de dissimuler les traces du forfait…
Le récit du martyre des Manises est .

10:54 Écrit par boeufquipleure dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : revin;mont malgré tout, manises |  Facebook |

Commentaires

J'en ai pleuré. Merci pour eux de cet hommage.

Écrit par : LaLangelliere | mercredi, 13 juin 2012

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Bonjour,
j'ai écrit sur cette affaire dont Faure est sorti blanchi, contrairement à ce que laissez penser...
http://ardennetiensferme.over-blog.com/article-1470839.html
Voir aussi entre autres
http://ardennetiensferme.over-blog.com/article-22570057.html
Bien à vous

Écrit par : Lecler | vendredi, 11 janvier 2013

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Cette lecture m a semble beaucoup courte, merci beaucoup pour ce plaisir a vous lire.

Écrit par : paris sportifs | mardi, 27 mai 2014

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J'aime bien votre blog, nous vous laisse cette remarque pour vous encourager à le prendre soin de à jour.

Écrit par : parier sur france honduras | jeudi, 12 juin 2014

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