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samedi, 19 mai 2012

Renzo et Jarno s'en vont à moto…

20 mai 1973. Sur le célèbre circuit de Monza, en Lombardie sera bientôt donné le départ du Grand prix d'Italie motocycliste pour la catégorie des 250 cm³. La course des 350 cm³ vient tout juste de de terminer, avec une nouvelle victoire de Giacomo Agostini. La monture de Walter Villa, qui a tout de même fini en cinquième position malgré une casse mécanique, a perdu de l'huile sur la piste à la hauteur de la Curva Grande. Les organisateurs, pourtant prévenus de la présence de cette flaque inquiétante, plus préoccupés du respect des horaires de la compétition que de la sécurité des pilotes, n'accordent aucune importance à ces peccadilles. Après tout, ces pilotes, s'ils sont vraiment des champions, ne sauraient reculer devant le moindre aléa…
Ainsi donc, les pilotes s'installent sur leur emplacement de départ. Le chouchou des spectateurs italien, c'est Renzo Pasolini, au placide regard chaussé de lunettes à monture épaisse, qui concourt au guidon d'une Harley-Davidson qui, en dépit d'un nom très étasunien, est bel et bien une machine italienne. C'est un favori pour la victoire dans cette course. Mais il aura fort à faire avec Jarno Saarinen, un jeune ingénieur finlandais, qui casse la baraque depuis quelque temps et qui, avec un style pour l'instant incomparable, se joue des courbes les plus rapides des circuits avec une aisance inouïe, balançant sa Yamaha perché dans de vide, n'étant retenu que par de dessous du genou au dosseret de la selle de son engin.
Le départ est donné, les pilotes poussant eux-même la moto pour la faire démarrer, comme c'est l'usage à cette époque. Les bolides s'élancent en ordre dispersé, mais la hiérarchie retrouve ses droits au bout d'un kilomètre de course.
Quand le petolon arrive à la hauteur de la Curva Grande, Renzo Pasolini aborde le virage en tête, mais la piste, encore souillée par l'huile laissée par la moto de Walter Villa, ne fera aucun cadeau au Pilote de l'Harley-Davidson : il glisse et percute le rail de « sécurité », tué sur le coup. Jarno Saarinen glisse aussi, une fraction de seconde après Pasolini, chute et se relève : c'est alors qu'il est frappé de plein fouet par un concurrent lancé à pleine vitesse, et qui ne peut l'éviter. Dix-neuf pilotes chutent en tout, et parmi eux cinq sont plus ou moins gravement blessés. Saarinen  et Pasolini morts dans la même course, dans un véritable carnage, tout devait s'arrêter là.


Depuis cette date, quand je vois une moto, je pense inévitablement à cette course apocalyptique…

10:00 Écrit par boeufquipleure | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Si le conducteur de moto est bien équipé pour sa sécurité, il est plus qu'essentiel de voir également l'état de la moto avant son emploi.

Écrit par : scooter | mercredi, 12 décembre 2012

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