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mardi, 31 janvier 2012

Le diable noir

Il y avait, dans le village du Perthois où j'habitais quand j'étais enfant, un bon cheval de trait, à qui l'on avait donné le nom de Bijou, qui était employé, entre autre, à tirer un tombereau destiné au ramassage des ordures ménagères. On m'avait confié que ce cheval était très vieux, et que viendrait sous peu le temps où il serait mené à l'abattoir pour terminer dans des assiettes. Cela ne m'enchantait pas du tout d'imaginer ce brave Bijou débité en tranches de steaks, et dès ce jour, je pris l'engagement de ne jamais consommer de la viande de canasson…
Quelques années plus tard, on put entendre sur les ondes une chanson qui commençait ainsi :
« Il s'appelait Stewball, C'était un cheval blanc, Il était mon idole, Et moi, j'avais dix ans »
Tout petit, je passais mon temps à recopier les illustrations d'une encyclopédie du dessin, et particulièrement de chevaux, au pas, cabrés, trottant ou galopant. Le cheval dont il sera question dans les lignes qui suivent, n'était pas blanc, ne se nommait point Stewball, n'était pas plus mon idole, et j'avais plus de dix ans quand j'entendis parler de lui pour la première fois.
Non, c'était un grand cheval.
6210_1172243101.jpgUn très grand cheval bai brun que le propriétaire avait acquis pour la somme relativement modeste de 10.000 francs, autant dire pour une bouchée de pain, mais qui fut sans conteste un placement fort avantageux, tant il rapporta du fait de ses nombreux succès de tout premier ordre.
Je ne sais pas pourquoi, mais en entendant le nom de cet animal, prononcé par Léon Zitrone qui commentait alors la retransmission du Prix d'Amérique 1971, ma curiosité fut aiguisée, tant son nom sonnait si bien qu'il me semblait qu'il était impossible qu'il ne devînt pas mon favori. Il paraît que les pronostiqueurs ne voyaient que par Une de Mai, dont le propriétaire et l'entraîneur, animés par un goût de la communication, très prisée de nos jours, ouvraient largement box et terrain d'entraînement aux reporters hippiques, quand l'entourage du grand cheval noir interdisait tout accès aux importuns. Ce fut le « diable Noir », qui avait terminé en quatrième position l'année précédente, qui remporta la course, il ne pouvait en être autrement.


À cette occasion, on apprit qu'en 1969 sur le chemin du retour d'une importante course sur l'hippodrome d'Agano, à Naples, le grand Prix de la Loterie, course où il finit juste derrière la somptueuse Une de Mai, le wagon qui le transportait resta immobilisé durant près de 24 heures. Il faisait un froid de canard quasi sibérien sur la ligneferroviaire d'altitude, et les douaniers avaient scellé les portes, sans se rendre compte que leur geste machinal conduirait à un drame. En compagnie de Roc Wilkes, il lutta contre le froid durant des heures et des heures : son lad tenta avec l'énergie du désespoir de garder l'animal en vie, le frictionnant avec vigueur sans désemparer. Roc Wilkes ne put survivre à cette épreuve…
Depuis sa nuitée glaciale dans ce  wagon frigorifique de circonstance, où son compagnon, le lad Alain Blu avait su, à force de frictions énergiques, lui éviter la mort, le crack ne pouvait vivre sans ange-gardien. Une fois le cheval retiré de la compétition, l'étalonnier Albert Roumy-Goujon prit le relais du sauveteur du champion.
Quinze années après l'arrêt de la compétition du champion, celui qui était autrefois son protecteur de tous les instants se rendit au haras où l'animal finissait tranquillement sa vie. Lorsqu'il aperçut son sauveur, Tidalium Pélo se dirigea sans hésiter vers celui à qui il devait d'être encore vivant, s'arrêta et posa délicatement sa tête penchée sur l'épaule du lad, comme l'eût fait le lion d'Androclès…
Il se raconte que  Tidalium Pélo serait décédé le jour de ses trente ans, le 30 avril 1993, lors d'une brève escapade de son gardien bien aimé. Son cœur était paraît-il trois fois plus gros que celui des autres chevaux de course.
Tidalium Pélo, le « Diable Noir » était un tendre, et certainement pas un mauvais cheval…


Illustration provenant de : http://www.courses-france.com

14:39 Écrit par boeufquipleure dans Sport | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : tidalium pélo, prix d'amérique, cheval |  Facebook |

lundi, 23 janvier 2012

« Rentre dans ton pays, bougnoule !»

Celle-là, on ne me l'avait jamais faite ! Certes, par le passé, en quelques occasions, on sut me faire pointer qu'il émanait de ma personne un sentiment d'étrangeté : visitant il y a fort longtemps le Rijksmuseum d'Amsterdam, un gardien adressa à mon endroit quelques paroles identifiables comme du yiddish. Lui répondant le plus aimablement possible, il me fallait lui confier que je n'avais point saisi le fond de son propos. Lors il me retourna, dans un parfait français : « je croyais que vous étiez juif, comme moi»… Le temps passant, et chemin faisant, ce fut un douanier italien de la frontière italo-helvète qui engagea une conversation que je prenai pour tout aussi aimable, sans que j'en saisisse cependant un traître mot, alors qu'il estimait, de visu, que je devais être familiarisé depuis longtemps avec la langue de Leopardi.  Quand il comprit que le sens de ses paroles m'échappait, il se résolut à adopter un ton plus administratif : — Passaporte !…
Bien des années plus tard, ce fut un Arménien, réfugié dans ma ville, qui évalua, avec une quasi certitude, qu'il était impossible que je ne partageasse pas avec lui les mêmes origines…
Auparavant, me promenant dominicalement dans les rues de la capitale, m'arrêtant un instant devant la préfecture de police, un gardien me confia quelques mots dans une langue qu'il estimait nous être commune, le corse…
Pour éviter de vous lasser, la liste des exemples s'arrêtera là. (Pour juger de l'aspect de ma bobine, voir. Bon, d'accord, l'image date un peu…)
Jusqu'à ce que, ce dimanche dernier à dix heures cinquante, où au milieu du passage pour piétons menant du pied de ma porte au trottoir d'en face, je vis arriver à vive allure un puissant 4x4 Volkswagen Touareg de couleur noire, immatriculé 866 Alpha-Tango-Lima, dans mon département, et je compris que le pilote n'entendait point décélérer. C'est le cœur brisé qu'il consentit à piler net à quelques centimètres de mes genoux, en arborant au passage un grand sourire, comme s'il venait de réaliser un exploit… Je me retrouvai ainsi, tel cet étudiant de la place Tien An Men immobilisant une colonne de blindés…
tien_an_men.jpg
Quelques instants plus tard, le tankiste improvisé s'arrête et baisse la vitre latérale, me jetant, magnanime : — je m'excuse !
Je lui réplique alors qu'il lui est bien aise de s'excuser lui-même, alors qu'il me revenait de juger si cela entrait dans mes souhaits éventuels, en ajoutant qu'il avait en cette occurrence eu de la veine de ne pas perdre quatre points sur son permis d'écrabouiller autrui…

La réponse fusa : — retourne dans ton pays, bougnoule !(*)
Le vernis du quidam ainsi se craquela, ignorant au passage le sens du mot wolof dont il avait usé, mais révélant pour le moins son intention première : casser du barbaresque…
À l'avenir, méfiez-vous des 4x4 Volkswagen Touareg de couleur noire, et notez bien le numéro de la plaque. Vous ne pourrez pas dire que vous n'avez pas été prévenus…
(*) Parmi mes milliers d'ancêtres authentifiés, l'individu né le plus au sud est originaire d'Allerey, dans le département de Côte d'Or…

[ cette note est la 400e de ce blogue ]

08:57 Écrit par boeufquipleure dans Au Fond de l'Etable | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bougnoule, touareg, 4x4 |  Facebook |

jeudi, 12 janvier 2012

Si la Gauche passe…

Comme l'a fort justement souligné le président de l'Assemblée Nationale, l'excessivement modéré M. Bernard Accoyer, « la mise en œuvre du programme utopique et archaïque ourdi par la gauche aurait des conséquences économiques et sociales qui pourraient être comparables à celles provoquées par une guerre »
Les scrupules perceptibles dans les propos de M. Accoyer ne font voir que trop de délicatesse.
Listons un peu les autres très graves répercussions d'une irruption, dans les ors du pouvoir de notre belle et grande nation, d'une gauche revancharde aux manières de cosaques, on objectera pêle-mêle que :
-par la sécurité sociale les disques de Didier Barbelivien et de Johnny jamais plus remboursés  ne seront
- jamais plus les malins vous ne ferez !…
-d'être encore plus vulgaire que maintenant sera et devenir l'idole de la droite Laurent Gerra l'exploit réussira…
-abattu sommairement par un insurgé islamo-gauchiste marseillais portant kalashnikov, comme Kadhafi Sarkozy sera …
-aussi stupide la droite française toujours sera …
-Lancar Benjamin avec son gilet pare-balles se couchera…
-de touitter pendant la messe définitivement j'arrêterai …
- du Paradis Latin et du Crazy Horse les danseuses sous leur niqab danser nues toujours pourront…
-de pédaler dans sa Trabant obligé on sera  !…
-comme sous le roi Mitrand l'heure d'été sera …
-l'électricité, le gaz, le pain, le vin et le Boursin rationnés seront…
-à San Giovanni in Laterano en compagnie de Jean-Marie Bigard enfant de chœur à plein temps Sarkozy deviendra…
-Le cri de ralliement de l'OM: « Gauche aux putes » à la place de « Droite au But » deviendra
-les pipes sous la contrainte d'un 357 Magnum plus rares seront …
-juste débarrassés d'une politique d'extrême droite on sera …
-sur l'ensemble de la côte Est les USA un mur de l'Atlantique érigeront…
-« c'était mieux du temps où la Gauche était au pouvoir ! » dira-t-on
-au moyen de ciseaux en plastique tondue et au chocolbif Suchard Nadine Morano goudronnée sera …
-Hara Kiri avec un suppositoire de sarkozyl me ferai…
-Revendue en solde aux Anglais Bordeaux sera …
-de 18 mois et obligatoire le service militaire rétabli sera
-en Kolkhozes transformés tous les GAEC seront…
-maladroites les femmes deviendront …
-à Paris les petits enfants les bolcheviks mangeront !…
-et sutout de Tchernobyl le nuage enfin la frontière passera !…

10:42 Écrit par boeufquipleure dans Dans la Mangeoire du Bœuf Blanc | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mercredi, 11 janvier 2012

Patin Artistique

Dans le film « la Délicatesse » de Stéphane et David Foenkinos, on peut y voir Audrey Tautou se diriger avec détermination vers François Damiens et lui coller avec application et soudaineté un patin aussi lascif qu'inattendu. Surprenant… ( voir à 0:33 )

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Bon, il n'y a pas de quoi en faire une montagne, une maladie ou tout un roman, mais tout de même, en voyant cette scène, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le rapprochement entre cet assaut buccal conjonctif et une fugace aventure dont je fus victime - que mes admiratrices me le pardonnent - à bouche consentante : Il se trouve que par le passé j'ai moi aussi essuyé un si sensuel et soudain assaut non sollicité : – c'était en face du Palais de Justice, à Reims, et j'avais vingt-cinq ans, j'étais accompagné… L'incident fut court et mémorable. Je ne courus point derrière la jeune personne, une fois son aimable forfait accompli. Je remarquai simplement una lacrima sul viso, qui pouvait à demeure me laisser songer à de potentiels délices futurs… Je choisis d'en rester là, sur ces points de suspension. Voir cela, à 0:25

10:42 Écrit par boeufquipleure dans Déjantons sous la pluie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

mercredi, 04 janvier 2012

Sale mec !

   Parc'qu'en termes choisis, loin de propos d'évêque
   Il avait imité le nerveux président
   François reçut soudain piques et coups de becs
   Flèches, lances, couteaux, et vieux coups dans les dents

   L'autre qui nous les gonfle autant que des pastèques
   Vite a lâché ses chiens tout en faisant semblant
   D'avoir été par lui traité de sale mec
   D'escroc et de menteur, de coquin, de brigand

   Les témoins du forfait, des propos infamants
   Qu'on prêtait à Hollande, réfutèrent aussi sec
   La saillie UMP et ses dénigrements
   Dignes de malappris et d'australopithèques

   Trop souvent éloigné de sa bibliothèque
   Et usant d'un parler bien des fois très charmant
   Comment faut-il alors en termes élégants
   Inviter Nicolas se faire voir chez les Grecs ?…

17:51 Écrit par boeufquipleure dans Au Fond de l'Etable | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sale mec, hollande, polémique |  Facebook |