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mercredi, 30 novembre 2011

Ça gratouille Téheffun ou chatouille l'Huemmepée ?

« Les sots ont cela d'impardonnable qu'ils font éprouver de l'indulgence pour la méchanceté.»  (Villiers de l'Isle-Adam, citant lui même un autre auteur, dont j'ai oublié le nom…)
La sémillante Rachida Dati, de sympathique mémoire, avait œuvré pour la mise en place d'une loi rétroactive d'application immédiate. (Comparez à l'occasion avec le bandeau en sous-titre de ce modeste blogue, et vous comprendrez à quelle époque débuta la funeste carrière du Bœuf Qui Pleure…)
C'est beau, c'est bien, c'est généreux, c'est magnifique !
Les déchets de la société, les cancrelats, la vermine, parias gueux et hors-caste n'ont qu'à bien se tenir.
Désormais, nécessité faisant loi, la populaire loi de Lynch s'applique de manière spectaculaire, efficace et prophylactique sur l'ensemble de notre braveterritoire.
Le ciel, aidé dans sa miséricorde et sa bienveillante générosité par Téheffun, sous le haut-commandement de l'Huemmepée, a donc permis que s'abatte sur les pédophiles cachés çà et là sur l'ensemble de notre braveterritoire l'inflexible vindicte, prouvant ainsi définitivement au monde entier notre plus haut degré de la civilisation.
Certes, on ne fait pas d'omelette sans casser quelques œufs, et  le décès, pour navrant qu'il soit, de ce retraité de Brest ne doit pas nous faire oublier qu'au bout du compte, cet innocent était un coupable en puissance : « Tout porte à croire qu'il y a eu une interprétation de ce geste par d'autres parents de bonne foi par rapport à ce monsieur qui avait l'habitude d'évoluer autour de l'école », a souligné le policier…
De surcroît, ce regrettable incident aura eu le bon goût d'éviter à ce retraité une pénible garde à vue, au cours de laquelle il aurait fini par avouer avoir tondu d'un pré la largeur de sa langue, qui sait ?…
De bonne foi. Puisqu'on vous le dit…
« Qu’est ce qui passe ici, si tard ? Compagnons de la Marjolaine.
Qu’est ce qui passe ici, si tard ? Gai, gai, dessus le quai.
C’est le Chevalier du guet,Compagnons de la Marjolaine.
C’est le Chevalier du guet, Gai, gai, dessus le quai…

16:08 Écrit par boeufquipleure dans Dans la Mangeoire du Bœuf Blanc | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

vendredi, 25 novembre 2011

Un malade temporaire, c'est…

À la demande générale de Alice_M, je m'en vas vous conter comment naquit mon inclination pour la réplique incisive et ma relative assuétude pour la repartie.
C'était au temps où j'étais encore étudiant. À Reims, précisément. Au temps lointain où les communisses avaient réussi le tour de force d'installer un maire de leur parti dans les plus importantes villes d'un département votant pourtant imperturbablement à dextre depuis des lustres.
Là où j'étais alors en stage était un service hospitalier, installé, comme une école - et pas comme une banque - dans un préfabriqué, doté, à l'instar d'un interminable titre de film de Michel Audiard, d'un improbable intitulé : « Intersecteur de Psychiatrie Infanto-juvénile et de Psychothérapie ».
En ces temps bénis était demandé aux stagiaires d'assister aux réunions de synthèses qui, dans ce service, tenaient lieu de grand-messes, avec comme célébrant le chef de service, un ponte probablement parisien - et fermement lacanien - au patronyme évoquant une marque de bolides transalpins.
La première fois que j'eus à assister à cette cérémonie, arrivant quelque peu en avance, je fus invité à emprunter le couloir menant au sanctuaire après m'être fait ouvrir la porte solidement fermée à double-tour. Décontenancé par le comportement des enfants et adolescents internés dans ce service, je n'en menai pas large et il me fallait avancer sans montrer d'inquiétude.
C'est alors que survint un certain Boniface * qui s'avança vers moi, et m'interpela avec une certaine vigueur.
— Bonjour Docteur ! ( je portais une obligatoire blouse blanche ).
— Mais, je ne suis pas Docteur…
— Oh ! excusez-moi, Professeur ! Boniface M. , psychotique…
— Ah ! oui, très bien… Mais au juste… qu'est-ce qu'un psychotique ?
— C'est un malade temporaire.
— Bien sûr, où avais-je la tête ?… Mais, un malade temporaire, c'est…
— Un malade permanent !
Je n'ai jamais vécu depuis un dialogue aussi empreint de logique, de profondeur et de justesse. Bien entendu, la méprise initiale quant au rang du porteur de blouse blanche pourrait laisser à penser que l'esprit de cet adolescent renvoyait à l'innocence, mais la définition de la psychose qui suivait ne laissait aucun doute quant à l'esprit de finesse dudit Boniface.
Quelque temps plus tard, le même énergumène fit irruption, silencieusement, dans la salle de réunion où se tenait une synthèse présidée par le professeur agrégé Ferrari. Ce dernier ne s'était pas aperçu de la présence de Boniface, qui en avait profité pour se rapprocher de lui, puis de lui chatouiller malicieusement sa calvitie en ajoutant : — Tout va bien, Professeur agréé Ferrari ?
— Ça suffit, Boniface, tu vois bien que nous sommes en train de travailler, je te demande de sortir !
— Ne vous fâchez donc pas, professeur agressé Ferrari…

Alors, en définitive, ne cherchez pas une définition de la repartie : tout était dans ces délicieuses répliques de Boniface, qui en fait n'était pas psychotique, mais souffrait néanmoins d'une pathologie moins amusante que ses reparties…
(*) le prénom a été un peu modifié…

19:56 Écrit par boeufquipleure dans récits | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

mercredi, 16 novembre 2011

Ne l'oublions pas…

Aujourd'hui, en ce 16 novembre, n'oubliez pas de déposer une gerbe sur la tombe de Milton Friedman…

09:53 Écrit par boeufquipleure dans Au Fond de l'Etable | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mercredi, 02 novembre 2011

Il faut vous contenter de ce que l’on vous donne

Ample et soufflé ministre en queue de mandature
Aidé dans sa mission d’un gris blanc-bec zélé
Et d’une péronnelle au fin sourire en biais
Monsieur Bertrand prend pose pour une tâche obscure.

Par des orthophonistes il se trouve pressé
De porter leur diplôme au niveau du master
Ainsi qu’on le constate en voisines contrées
Sans quoi la profession se trouverait par terre

Le rond ministre usant au-delà qu’il ne sied
D’arguments dilatoires, de reports de courriers
Fait de troubles promesses, donne vague assurance
Et laisse mitonner la logopède engeance

Peu avant la Toussaint une lettre arriva
Sous les yeux ébahis des gens du syndicat
La lecture les laissant quelque peu interdits
Ils pesèrent chaque mot du message susdit

— Il faut vous contenter de ce que l’on vous donne :
En vous reconnaissant le niveau du master
- Ne voulant pour autant bien sûr blesser personne -
Nous vous ussions fait là un bien trop grand honneur…

Aussi j’ai décidé pour combler votre vœu
De trancher pour vous plaire la grosse poire en deux :
Quelques-uns d’entre vous auront droit aux honneurs
Mais seront limités dans leur champ de labeur

Et les autres pourront, forts d’une année en moins
Obtenir un diplôme qu’ils pourront encadrer
Sans pouvoir toutefois prodiguer tous les soins
Que bien des compétences leur faisaient espérer…

En décidant qu’aveugles on ferait des premiers
Et en paralytiques on tiendrait les seconds
Nos braves dirigeants se sont ingéniés
À jeter à l’encan toute une profession

Usant de notre sort tel un bâton merdeux
Qu’ils nous ont déposé en guise de projet
Gare qu’en juste retour de leurs desseins honteux
On leur fasse avaler ce bien funeste objet…