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mardi, 26 avril 2011

Sinistre Senestre Sénescent

Alors que la veille, un Jack Lang, qu'on eût pu imaginer en fort mauvaise posture, parvenait à se débarrasser en deux temps et trois mouvements d'une péronnelle réac(*) en lui assenant un ippon qui restera dans les mémoires, le lendemain, durant la veillée pascale télévisuelle (**), apparaissait devant nos yeux quelque peu médusés un Roland Dumas -de senestre mémoire- qui en quelques minutes s'en allait parachever son autoportrait d'impeccable triste sire.
On l'entendit ainsi tout d'abord conchier un tantinet la mémoire de Pierre Bérégovoy, en éclairant de la façon la plus élégante qui soit l'autolyse de l'ancien premier Ministre, d'un rayon de liaison extra conjugale, puis répondre doctement à la question fondamentale posée par mademoiselle Sandrine Bonnaire : «au fond, qu'est-ce que c'est aujourd'hui, qu'être socialiste ?».
La réponse du gommeux en retour d'âge fut résolument limpide. Le chafoin bottiné s'exerça  donc à esquisser les contours d'un semblant d'idéal socialiste en suggérant qu'il existe encore des domaines où l'état doit avoir une place prépondérante, comme par exemple… l'armée, la police, la sécurité…
On attendait la suite avec impatience, mais après qu'il fut interrompu, l'énumération n'atteint jamais la dimension qu'un Rabelais ou un Georges Pérec eût pu fournir en une semblable occurrence. En vérité, Dumas ne s'aventura pas plus loin, faulte d'imagination, ce fut la vacuité non pareille…
On attendait qu'il se riquât peut-être au sujet de la santé, qu'il évoquât l'éducation, qu'il susurrât la solidarité, qu'il suggérât la justice, et -qui sait ?- qu'il s'avançât sur l'encadrement du crédit, mais non, l'ex-tenancier du Quai d'Orsay, n'avait, à cette heure tardive, plus rien d'autre en magasin…
Ainsi donc, l'armée, la police et la sécurité représenteraient les trois axes de l'espace de l'idéal socialiste tel que M. Dumas l'imagigne dans ses rêves les plus doux.
Par le truchement de cette courte saillie -apparemment oubliée de nombre de téléspectateurs- MM. Pinochet, Franco, Salazar, Suharto, Ahmadinejad et consorts se voyant d'un coup socialisés et solférinés aussi furieusement que curieusement par l'onction dumassienne, on pourrait du coup se demander si ces joyeux drilles précédemment cités ne mériteraient pas une place d'honneur au panthéon socialisse avec bottines et statuettes en prime.
Après tout, puisque le gars Kozy a su faire main basse sur Jaurès et Blum, pourquoi s'étonner que ce nonagénaire aille faire ses ultimes emplettes dans les arrière-boutiques réactionnaires ?
(*) Elisabeth Lévy, chez FOG
(**)(chez Ruquier)

11:16 Écrit par boeufquipleure | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

mercredi, 20 avril 2011

Tempête dans un verre de pisse

C'est en ouïssant, à mon oneille défendante, une belge radio -quoique cheminant aux confins mosellans du Luxembourg, de la Germanie et de notre chère patrie- que j'appris dominicalement la nouvelle d'un fait divers bêtement printanier survenu, par la grâce de Dieu et de Satan mêlés, récemment non loin du pont d'Avignon.
Il ressortait du commentaire éploré d'une organisatrice qu'un saccage ignominieux avait été commis à l'encontre d'une œuvre d'art dont j'eus - je me dois de l'avouer plus qu'humblement-  fort grand peine à imaginer nature, forme, dimensions et couleurs, de quelle époque datait ladite œuvre exceptionnelle, excepté qu'elle était née de l'imagination d'un certain Andres Serrano, dont la fiche consultable sur ouiquipédia nous précise qu'il est photographe et de nationalité étasunienne.
Cela tombait fort à propos, j'allai, quelques instant plus tard, entrer dans le château de Malbrouck, où se tient une exposition consacrée à Robert Doisneau…
Ce n'est que tard dans la soirée que je compris qu'il s'agissait donc de la profanation d'une œuvre artistique, œuvre photographique en couleurs représentant, dans des tons ambrés, une vue  d'un crucifix immergé dans de l'urine produite par l'artiste, le tout capté au travers de la paroi transparente d'un récipient non identifiable.
Un commando d'individus, usant d'une pratique religieuse un tantinet contondante, s'étaient acharnés sur l'œuvre photographique de Serrano, probablement à coups de marteau préalablement trempé dans l'eau bénite, afin de faire bonne mesure.
Il ressort des commentaires au sujet de ce happening que nous sommes de toute évidence en présence d'outragés outrageurs se plaignant des exactions d'outrageurs outragés profitant d'une occasion unique de faire le buzz, ce qui s'est traduit par un plein succès, à en croire le nombre de hastags #pisschrist  sur twitter et d'articles consacrés à cet épiphénomène, alors que ladite œuvre impie ne soulevait, il faut bien le confesser, guère l'indignation jusque là.
Au fond de cette pissotière, Dieu reconnaîtra-t-il vraiment les siens ?
Tout prête à croire que tous ces gens ne savent vraiment pas ce qu'ils perdent…

10:36 Écrit par boeufquipleure | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |