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mercredi, 20 avril 2011

Tempête dans un verre de pisse

C'est en ouïssant, à mon oneille défendante, une belge radio -quoique cheminant aux confins mosellans du Luxembourg, de la Germanie et de notre chère patrie- que j'appris dominicalement la nouvelle d'un fait divers bêtement printanier survenu, par la grâce de Dieu et de Satan mêlés, récemment non loin du pont d'Avignon.
Il ressortait du commentaire éploré d'une organisatrice qu'un saccage ignominieux avait été commis à l'encontre d'une œuvre d'art dont j'eus - je me dois de l'avouer plus qu'humblement-  fort grand peine à imaginer nature, forme, dimensions et couleurs, de quelle époque datait ladite œuvre exceptionnelle, excepté qu'elle était née de l'imagination d'un certain Andres Serrano, dont la fiche consultable sur ouiquipédia nous précise qu'il est photographe et de nationalité étasunienne.
Cela tombait fort à propos, j'allai, quelques instant plus tard, entrer dans le château de Malbrouck, où se tient une exposition consacrée à Robert Doisneau…
Ce n'est que tard dans la soirée que je compris qu'il s'agissait donc de la profanation d'une œuvre artistique, œuvre photographique en couleurs représentant, dans des tons ambrés, une vue  d'un crucifix immergé dans de l'urine produite par l'artiste, le tout capté au travers de la paroi transparente d'un récipient non identifiable.
Un commando d'individus, usant d'une pratique religieuse un tantinet contondante, s'étaient acharnés sur l'œuvre photographique de Serrano, probablement à coups de marteau préalablement trempé dans l'eau bénite, afin de faire bonne mesure.
Il ressort des commentaires au sujet de ce happening que nous sommes de toute évidence en présence d'outragés outrageurs se plaignant des exactions d'outrageurs outragés profitant d'une occasion unique de faire le buzz, ce qui s'est traduit par un plein succès, à en croire le nombre de hastags #pisschrist  sur twitter et d'articles consacrés à cet épiphénomène, alors que ladite œuvre impie ne soulevait, il faut bien le confesser, guère l'indignation jusque là.
Au fond de cette pissotière, Dieu reconnaîtra-t-il vraiment les siens ?
Tout prête à croire que tous ces gens ne savent vraiment pas ce qu'ils perdent…

10:36 Écrit par boeufquipleure | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Article fort bien troussé, ma foi, surtout les deux premiers paragraphes catholiquement précieux. Et bien d'accord avec la conclusion "une occasion unique de faire le buzz (...)alors que ladite œuvre impie ne soulevait, il faut bien le confesser, guère l'indignation jusque-là".

Écrit par : ALiCe__M | mercredi, 20 avril 2011

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Ça ne sent pas très bon tout ça -;))

Écrit par : Michèle | mercredi, 20 avril 2011

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Super !Merci pour cet article de votre site Internet !

Écrit par : complementaire santé | mercredi, 05 octobre 2011

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Les commentaires sont fermés.

 
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