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vendredi, 18 mars 2011

Un Rafale pour Tobrouk

 

Ah ! Que c'est beau ! 
Oh ! Qu'il est doux de croire que les «démocrates» libyens, démantelés, pourchassés, tués, écrabouillés par l'odieux dictateur Khadafi, vont enfin pouvoir, forts de l'aide issue du vote du conseil de sécurité de l'ONU du jeudi 17 mars instaurant une «zone  d'exclusion aérienne» sur la Libye, mettre l'ancien ami du président Sarkozy de 2007 hors d'état de nuire, afin d'introniser un pouvoir nouveau, que le premier Bernarlévy passant s'exalterait à qualifier partant de «démocratique».
Je pressens que le sort du colonel ayant jadis planté sa blanche tente aux abords du palais de l'Élysée voisin  sera -en fonction des données corrigées des variations saisonnières- au mieux de celui du regretté Saddam Hussein, au pire de celui du poète et troubadour des Carpates Nicolae Ceaucescu.
Une fois que son cadavre sera, au choix, calciné, enterré ou jeté au chiens, la mission des Bernarlévys sera donc terminée et la démocratie coulera dès lors illico presto, ipso facto ainsi que grosso modo des jours heureux pour les siècles des siècles.
Pourtant, en réécoutant il y a quelques semaines le jovial ambassadeur de France à Carthage, M. Boillon, je crus ouïr de mon oneille distraite que M. Khadafi n'était plus un terroriste, qu'il l'avait été mais qu'il ne l'est plus, et qu'il devint, du moins pendant un certain temps, fréquentable au point d'être l'invité étranger le plus choyé des cinquante dernières années, si ce n'est depuis la plus haute antiquité.
Selon l'adage de Cocteau : «puisque ces événements nous dépassent, feignons d'en être les organisateurs», le tacticien à la petite semaine de l'Élysée, encouragé par le meilleur Bernarlévy local, se mit à déclarer tout à trac que le CNT devait dès à présent être considéré comme le seul représentant «légitime» du peuple libyen. Cela, sans que M. Juppé, supplétif occasionnel du Quai d'Orsay n'en soit le moins du monde informé…
Et c'est ainsi que, de fil en aiguille, du fait du pas-de-clerc de notre Phare de la Démocratie, lequel proposa de tirer depuis les aéronefs tricolores fournis par M. Dassault d'aimables cigares pénétrants et explosifs, nonobstant réticences et froncements de sourcils d'importants dirigeants européens, on arriva à la décision d'hier soir. Nul doute que cette décision du conseil de sécurité aura sur la cote de popularité du président français un impact momentané, et évitera -qui sait ?- le naufrage des candidats de la droite régimaire aux prochaines élections des cantonniers…
Pour autant, qui connaît ces insurgés opposants à Khadafi, desquels on a extirpé un groupe hâtivement acronymé CNT, mais dont on sait en définitive  peu de choses ?
Il y a quelques jours, on a pu voir les insurgés, présentant devant des caméras de supposés snaïpeurs noirs africains, et qui vivaient manifestement là leurs derniers instants, promis à une mort imminente.
Peu ont vu dans ces images de simples ratonnades primairement racistes. Qui veut tuer son chien noir l'accuse de la rage khadafiste…
À la lumière des événements similaires du passé, est-il opportun de se réjouir des futures frappes sur Tripoli. 
On se sera débarrassé de Khadafi.
La belle affaire !
Restera alors une quarantaine d'années avant de songer à virer le dictateur qui se sera installé à sa place. Mais ça ne fait rien, on aura twitté d'heureux messages d'allégresse allant jusqu'à féliciter MM. Sarkozy et Juppé.
Finalement, le bonheur est une question d'instant. Même s'il est d'une brièveté aussi enivrante que confondante…

 

14:45 Écrit par boeufquipleure dans Dans la Mangeoire du Bœuf Blanc | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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