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mardi, 26 janvier 2010

Nicolas ou comment qu'on s'en débarrassera

«Ça se passe pas à la télévision,... même à TF1 !» ainsi le guide suprême répondait-il à la question de Mme Ferrari au sujet d'un hypothétique changement de Premier ministre à l'issue de la branlée annoncée au Reichonales 2010. Évidemment, tout est dans le «même à TF1», qui ne nous aura pas échappé.
Bon, c'est vrai, j'ai pas vu, mais j'ai lu et en ai entendu causer.
À l'heure du marchand de sable, c'est donc le marchand de cravates qui s'était invité sur le plateau d'une télévision dont on connaît la férocité coutumière à son encontre, au milieu d'un échantillon représentatif de la population française, onze Français, non, pas ceux-là, beaucoup trop typés,
EquipeFrance.jpgmais choisi au hasard, sans aucune préférence partisane pouvant laisser penser qu'il y aurait pu y avoir un soupçon de manipulation.
Dans un langage simple, direct, franc et sans ambages, le prez' a annoncé la fin imminente du chômage -dont la responsabilité incombe, comme chacun le sait, uniquement aux socialisses qui ont laissé un héritage désastreux, empêchant les durs-au-boulot de trimer plus de tente-cinq heures par semaine, et les obligeant à cesser toute activité à soixante ans alors que tout le monde sait qu'on pourrait bosser sans peine et dans l'allégresse jusqu'à septante ans- qui allait être résorbé grâce au seul fait de sa volonté, de ses gestes et opinions, permettront d'inverser notoirement la pente montante du chomedu.
De tout cela, tout de même, il reste un étrange sentiment, celui de voir encore enfler de cadavre politique d'un président élu il y a déjà deux ans et demi et qui boursoufle toujours son discours, malgré un relouquage régulier concocté par des conseillers lui assurant la bonne tenue et l'élégance de son jabotage.

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Une chose est sûre, le cadavre est toujours vivant, et on se demande bien si on arrivera à s'en débarrasser...

lundi, 25 janvier 2010

Je ne fais pas de politique !

Un tweet matinal de J.-Luc Warsmann, héraut de la scientologie libérée, chef de file de la liste UMP aux Régionales pour la Champagne -Ardenne, donnait cela : «Consultation des habitants de Champagne Ardenne, le questionnaire est disponible sur www.warsmann2010.com , répondez en lignewww.warsmann2010.com»
Ouvrons donc le lien www.warsmann2010.com, où l'on aperçoit, sur la senestre, le visage avenant et ovoïde -témoignant d'une solide santé- de M. Warsmann, sur un fond déroulant d'images présentant quelques uns de ses colistiers, dont notre secrétaire d'état Benoist Apparu, adjoint au maire de Châlons-la-Mardre, des vignes, un champ de colza ensoleillé par un séduisant ciel d'été, un pan de hangar en tôle ondulée, un technicien esseulé devant une improbable machine rouge et noire, des jeunes aryens purs bourges paraissant tout droit sortis de la lipdaube des jeunes pops, ou encore un installateur de panneaux solaires vérifiant l'horizontalité du plan incliné.

Sur la dextre, un slogan, d'argent sur fond d'azur : «Moins de politique, plus d'action, c'est urgent pour notre région».



Tel est le cri de guerre que M. Warsmann, rédempteur de la liberté religieuse, propose pour rassembler une population champardennaise, fuyant massivement le désordre instauré par un front marxiste qui exerce sa coupable dictature socialisse sur l'ensemble de la région depuis six longues années.
Finie, la politique, place à l'action.
Imitons un instant le diabolique et bolchevique Jean-Pierre Brard, et consultons son dictionnaire préféré, le Littré. Qu'y trouve-t-on ?
1. Politique : qui a rapport aux affaires publiques.
2. Qui résulte des affaires publiques, qui y prend part, en parlant des hommes.
3. Par extension, qui a rapport  à la conduite des affaires privées.
4. Fig. Qui est fin  et adroit, prudent et réservé.

On peut, pour l'instant,  laisser de côté les autres sens qui nous sont proposés.
Ainsi donc, considérant le slogan adopté par la liste menée par M. Warsmann, il nous est suggéré de réduire le rôle politique de la future assemblée régionale. Nous devrons également nous résoudre à penser qu'il nous enjoint de laisser purement et simplement tomber tout ce qui a rapport à la conduite des affaires publiques, de nous abstenir d'y prendre part, de ne pas nous mêler non plus des affaires privées (ah ! Landru, quand tu nous tiens...), délaisser la finesse, l'adresse , la prudence et la réserve pour jubiler enfin de l'ostentatoire, de la maladresse, de l'imprudence et de l'impudence.
Mais, dites-moi, au fond, cela ne collerait-il pas avec la cuisine que nous sert depuis deux ans et demi un maître queux qui compte se mettre à table ce soir avec trois pelés et deux tondues autour d'un verre de Pernaut ?
Retour sur la vidéo : «Et je dis à Benoist, ramenez-moi chez moi...», je n'y résiste pas !

mercredi, 20 janvier 2010

Le Prez' ne badine pas avec la culture.

Pour Sa Très Lettrée Majesté, la littérature française fout le camp. Enfin, l'attrait de la population française pour icelle, devrait préciser le nouveau protecteur des Arts et des Lettres de notre beau pays. « On ne joue pas assez de pièces de Musset en France. Cet écrivain est pratiquement oublié.*» 
On croirait Michel Piccoli déclarer, d'une manière tout aussi péremptoire : « y'a plus d'sucre
Musset, à la bourse des valeurs -au Château- a donc le vent en poupe. Ça lui prend de temps à autre, au prez', comme une miction soudaine. Ainsi qu'un point à l'endroit succèdant à un point à l'envers, l'attrait compulsif pour Alfred de Musset fait suite au désamour pour Madame de La Fayette. À un point tel que, si ça ne tenait qu'au prez', il nous en ferait bouffer à longueur de journée, et jusques à vomir, du Musset. Lui qui naguère ne tarissait pas d'éloges en direction de Johnny Hallyday et de Mireille Mathieu, se voit désormais saisi d'une soudaine fièvre mussetienne, qui semble lui seoir d'une façon tout aussi naturelle qu'un frac sur le dos de Joe Starr. C'est que Musset, ça classe immédiatement. On imagine les masses laborieuses se précipitant et compulsant vivement dictionnaires et encyclopédies en sorte de se mettre au diapason du nouveau phare de la pensée universelle.
En attendant, on peut penser que son coach littéraire lui aura déjà proposé, qui sait, un Julia Kristeva sans peine après s'être attaqué –on peut s'attendre à tout à présent– aux Chants de Maldoror pour les Nuls.
*le Canard Enchaîné, 20.01.2010, page 2.

16:30 Écrit par boeufquipleure dans Au Fond de l'Etable | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : prez', musset, théâtre |  Facebook |

lundi, 11 janvier 2010

On connaît la chanson

Ce dernier dimanche a vu l'actualité marquée par de sombres nouvelles concernant directement deux artistes de la chanson, qui partageaient une certaine noirceur d'ambiance dans leurs productions respectives. À dire vrai, si je connais un peu quelques chansons de Bertrand Cantat, je ne connais de Mano Solo que les talents de batteur de son oncle Michel et la peinture de feu son grand père Marcel, et encore...
Faut tout de même pas exagérer : à l'écoute, je le reconnais cependant tout de suite, mais c'était juste pour dire que je n'accrochais pas vraiment. En fait, tant au sujet de l'annonce de la mort de Mano Solo que pour les commentaires relatifs au suicide de Kristina Rady, certains organes de presse s'en sont donné à cœur tristesse pour nous infliger des coquilles pas vraiment inspirées.
Ainsi Le Post.fr nous indique «Il n'y aurait pas eu de dispute entre le couple avant ce drame.» : cette curieuse phormule, au delà du bizarre «entre le couple», suggérerait-elle que Bertrand Cantat aurait été directement à l'origine de ce nouveau drame ? En filigrane, la question se profile : «était-il raisonnable de remettre en liberté un meurtrier n'ayant pas purgé la totalité de sa peine»...
Du côté de RTL, l'humour involontaire joue parfois des tours pendables. Jugeons-en à  ce billet.
« Elle a été retrouvée pendue à son domicile bordelais à la mi-journée. Elle avait soutenu le chanteur de Noir Désir lors de son procès à Vilnius en 2004».
Ce propos conchyliforme sera sans doute happé par mon ami Dominique dans sa prochaine récolte mercredique, mais que penser des connaissances médicales sommaires du rédacteur de l'Union – qui a repris la formule d'une dépêche – qui semble confondre anévrisme et rupture d'anévrisme, comme si on pouvait, par exemple,  confondre explosif et explosion...


10:56 Écrit par boeufquipleure dans Au Fond de l'Etable | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : mano solo, bertrand cantat, kristina rady |  Facebook |