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lundi, 09 novembre 2009
Dèche à l'allemande au pied du mur
En ce neuf novembre 1989, les vents sont contraires. Le vent mauvais qui souffle depuis la Prusse bolchevique tend à faiblir depuis quelque temps. Le vent de l'histoire a pour sa part pris naissance dans une cité française libre altoséquanaise, portant son bourgmestre irrésistiblement en direction de Berlin, où des voix célestes l'ont prié de se ramener fissa.
Bonjour brushing. Les deux heures trente du vol indisposent l'impatience de l'élu des Hauts de Seine, pressé de se rendre au plus vite à son rendez-vous avec l'Histoire. Le futur secrétaire national du Reupeureu, flanqué d'un obscur M. Juppé croise du regard un incertain M. Fillon peu de temps après son arrivée à l'aéroport. Le vent qui fraîchit de nouveau porte désormais le maire de Neuilly en direction du mur, où le devoir l'appelle.
Le boss des Maisons de Maçons lui avait un jour rappelé que seuls les mauvais ouvriers usent d'un matériel médiocre, alors le fils de Dadu n'a pas oublié d'emporter dans sa musette une masse et un burin. Une nouvelle rafale du vent de l'Histoire le précipite alors, dans une manière d'élan irrépréssible vers son destin de franc-démolisseur, la foule se fend au passage de celui en qui elle reconnaît le grand-maître.
Il se rapproche enfin de ce mur bétonné que l'on sent désormais en mesure de céder, symbole de la fin de la dèche à l'allemande(*). Quand le marteau entame la muraille stalinienne, tous alors se prosternent aux pieds du sauveur.
Depuis, en Allemagne, souvent l'on rappelle que c'est au pied du mur qu'on voit encore le mieux les chevilles enflées et les talonnettes des plus grands génies de la Terre.
(* aimable emprunt à Joël Martin)
09:32 Publié dans La Flatte d'Honneur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marteau, mur de berlin, 9 novembre 1989





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