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lundi, 05 octobre 2009
Quand mon dentier fait boum !
On vient d'apprendre une nouvelle qui pourrait bien faire l'effet d'une bombe.
On se demandait jusqu'où pouvait se nicher la curiosité de notre Direction centrale du renseignement intérieur, plus trivialement désignée par les connaisseurs par l'acronyme DCR. Eh bien ! on le sait désormais, les investigations des services secrets sont allées jusqu'à parcourir les entrailles de candidats à l'autodéflagration pyrotechnique. Les terroristes d'aujourd'hui ont poussé le bouchon encore un peu plus loin et ont résolu un problème insurmontable jusqu'à présent : rendre invisible à tout contrôle visuel l'objet potentiellement déflagrant.
Il est bien révolu le temps des Ravachol et autre Auguste Vaillant qui vous concoctaient en deux coups de cuiller à pot et en trois coups de tournevis, ici ou là, de bon matin, des bombinettes savamment dosées d'explosifs d'arrière-cuisine et de clous, boulons, écrous, et d'autres accessoires de ferblantier, de toutes tailles, dérobés à la va-vite chez le quincaillier du coin.
Attardons-nous un instant sur le sort du second nommé, afin de comprendre ce qui l'avait amené à devenir, à sa bombe défendante, un adepte de l'explosion intempestive. Né dans le département des Ardennes, précisément à Mézières, cent ans avant que le club de Basket local ne devienne champion de France,Vaillant avait donc pris en marche le train de la délinquance, à l'âge -mauvais présage- de treize ans, sans avoir composté son billet de troisième classe. Quatre ans plus tard, il déjeune peinard dans un restaurant et se tire en loucedé sans régler l'addition. La patrouille veille au grain et claquemure le jouvenceau pour six nuitées. Une condamnation qui lui restera sans nul doute sur l'estomac. Toujours est-il qu'un beau jour de décembre 1893, il expédia d'un geste décidé, en direction des représentants de la légitimité républicaine alors en séance au Palais Bourbon, un engin de sa confection qui remplit sa mission, par une explosion certes impressionnante, ferraillant accessoirement les membres et le derme de nombreux blessés, mais qui ne suscita d'aucune sorte quelque vélléité de trépassante vie.
Ledit Vaillant fut condamné à être séparé rapidement en deux parties inégales sous l'effet de la chute soudaine d'une lourde lame métallique à tranchant oblique déclenché par un officiant à qui on avait préalablement fait lecture du manuel d'instruction : tire la chevillette et la tranchette cherra. Du vite fait, bien fait, un mois après l'explosion.
Cette décollation ne fut pas du goût des potes de l'Auguste anarchiste. Pour tout dire, elle leur resta même définitivement en travers de la gorge. Ils n'ont jamais pu l'avaler.
On imagine aujourd'hui les candidats désireux de se faire sauter le caisson, absorber leur dose de tord-boyaux avant de s'enfiler leur ration d'explosifs sous forme de gélules molles ou de suppositoires à effet retard. Car le vice va se nicher dans des endroits que la morale réprouve et qu'il serait malséant de décrire plus avant, ou plus arrière, si vous voyez ce que je veux dire.
En quelque sorte, afin d'aller de l'avant, les terroristes modernes se font une façon de machine arrière, et sont capables pour parvenir à leur but, d'user de recettes d'arrière-garde, au point d' emprunter l'entrée des artistes pour s'envoyer en l'air en société.
On en sait quand même un peu plus, au passage, sur l'endroit où va se cacher le vice...
18:06 Publié dans Dans la Mangeoire du Bœuf Blanc | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : bombe, terrorisme, auguste vaillant





Commentaires
http://www.article11.info/spip/spip.php?article561
Ecrit par : Dominique | mardi, 06 octobre 2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Olivier | mercredi, 07 octobre 2009
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