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mercredi, 02 septembre 2009

300ème note. Miction impossible

Que Champignac est une douce ville. On y voit, de ci de là, naviguer dans ses rues des personnages aussi pittoresques que des écclésiastiques à forme de corbeau, des cyclistes improvisés écrasant les piétons sur de larges trottoirs, mais on n'y voit plus guère le jeune député devenu sous-ministre au logement. On y trouve encore quelques clochards, dont la très oxydée Geneviève, bien connue de la quasi-totalité de la population locale et du photographe Cyril le Tourneur d'Ison.
Geneviève possède un répertoire de paroles assez succinct, qui se résume à : «Fait pas chaud !». Parfois, elle se risque à émettre : «Ça caille !» comme un soir d'août 2003 alors que le thermomètre à néon de la pharmacie indiquait trente-deux degrés celsius à neuf heures du soir... Il convient de rester courtois avec Geneviève, et d'être totalement d'accord avec elle, sinon, ça chauffe. Il n'y a pas longtemps, alors qu'elle me proposait un habituel «Fait pas chaud », je m'étais risqué à la contrarier en nuançant «on a déjà connu pire...», ce qui me valu un passing de revers immédiat : «On a déjà vu pire ? Pauv'con !».
Geneviève a l'habitude de fréquenter mon quartier, et de se soulager nuitamment la vessie soit devant l'entrée du magasin d'à côté, soit dans le coupe-gorge de la porte d'entrée de mon immeuble. Les traces olfactives de son passage avéré la rendent petit à petit de moins en moins sympathique...
José Artur, dans son livre Au plaisir des Autres, évoque une curieuse aventure dont a été victime un restaurateur de la côte d'azur. Pierre Brasseur avait été largué par une femme qui s'était fait la malle avec une autre pour tenir un restaurant dans le sud de la France. Brasseur, ne pouvant supporter l'affront, avait entrepris de se venger, organisant une expédition punitive dans ledit restaurant où il comptait bien commettre un esclandre retentissant. Pour cela, armé d'un taux d'imprégnation alcoolique survitaminé, il pénétra bruyamment dans un restaurant de Ramatuelle, se planta devant une table dressée comme il convient, se débraguetta et compissa avec fierté et générosité les couverts, sous l'œil d'un restaurateur qui n'a jamais compris ce qui lui arrivé. Le comédien s'était trompé d'établissement.
Dans le genre spectacle de rue, la ville de Champignac est désormais assez connue.
Il y a une dizaine de jours, je marchais dans la rue de Chastillon lorsque je vis au loin un homme à la verticalité contrariée. Par nécessité, je devais aller au-delà de cet individu, qui me semblait déambuler torse nu. Compte tenu de la température, c'était plausible. Me rapprochant du quidam chancelant, il était clair qu'il ne portait pas non plus de pantalon. Et en avançant encore un peu il était tout aussi clair qu'il était au milieu d'une mare de liquide tiédasse et s'évertuait à l'abonder, dans la souffrance et la difficulté, tout en laissant les éventuels passants-qu'il n'était pas en mesure d'apercevoir- considérer cette manière de manneken pis, avec certaines réserves, devant cet happening prêtant un tantinet à controverse.
Je n'ai pas reconnu l'acteur...

Commentaires

Je vois parfois passer Geneviève le long du boulevard à côté de chez moi : elle est alors toujours en grande discussion avec ses deux grands sacs plastique qu'elle enguirlande comme si c'était des connaissances. En revanche, au supermarché climatisé, elle se plaint en effet du froid. Mais aussi des clients et on a la preuve qu'elle possède un langage plus riche :"Mais qu'est-ce qu'il attend ?" s'exclame-t-elle pour faire avancer les clients à la caisse. Et puis ! "On n'a pas que ça à faire !"

Écrit par : Dominique | mercredi, 02 septembre 2009

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