Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Ministre sans portefeuille | Page d'accueil | Vers une réforme de l'internement psychiatrique »

lundi, 20 avril 2009

L'insulte faite au boubou

jessica_boubou.jpgL'argument qui consiste, pour les membres de la majorité,  à effectuer des glissements en ce qui concerne les maladresses, pour ne pas dire certaines inures et insultes à l'attention de certains groupes ou personnalités mérite qu'on s'y attarde un peu.
Prenons trois cas récents :
- les excuses de Ségolène Royal au Peuple africain au sujet d'un passage du discours écrit par Henri Guaino et récité par Sarkozy à Dakar.
- le boubou bleu porté par Ségolène Royal qui inspiré «royalement» une obscure personnalité UMP , l'amenant à une  comparaison hardie entre la présidente de la région Poitou-Charentes et sa femme de ménage.
- les excuses de la même Ségolène Royal au sujet de la phrase réellement prononcée par le président français, s'adressant à l'Élysée à un aréopage de députés, et en particulier à Henri Emmanuelli, concernant l'intelligence de Zapatero.
Dans les trois cas de figure, la même personne est au sujet du buzz : Ségolène Royal.
Dans les occurrences première et troisième, on s'aperçoit facilement que ce sont les réactions de l'ex-finaliste des présidentielles 2007 qui sont lourdement brocardées par les thuriféraires élyséens.
En revanche, dans le cas n°2, l'attaque porte sur un jugement de valeur et une comparaison peu amène faisant un amalgame entre l'aspect vestimentaire des femmes d'Afrique Noire, les femmes de ménage, et la «Bécassine» aux yeux de l'intelligence suprême UMP.
Dans le tout premier cas, il y avait réellement un propos insultant envers les peuples africains.  J'avais posté, sur le blogue de Rama Yade, un commentaire qui n'a pas eu l'heur de plaire à Madame Yade : je lui demandais de préciser si sa réaction d'indignation portait sur l'injure au boubou -ce qui paraissait gravissime pour Rama- ou sur l'insulte à l'encontre de Ségolène Royal  -qui lui semblait accessoire, voire mérité-.  Dans les heures qui suivirent, mon commentaire fut éliminé par les services de nettoyage de Madame la secrétaire d'État aux Droits de l'Homme...
Au sujet de la conversation de l'Élysée, il y avait cette fois le désir de Sarko de faire un bon mot pour se payer les socialistes. Rappelons que pour Tranche-Montagne, un bon socialiste est un socialiste mort (Jaurès) ou étranger (Tony Blair). Zapatero ne présentant pas encore à ce jour un encéphalogramme plat, mais étant étranger, il ne peut entrer pour Super-Talons que dans la catégorie des «bons» socialistes.
On a bien compris qu'en disant «Zapatero n'est peut-être pas intelligent», il se payait ainsi la tronche de Jospin, puisque la phrase suivante jetait l'anathème sur le fait que Yoyo avait été atomisé dès le premier tour de l'élection présidentielle.
Le démenti de l'Élysée n'y fait pourtant pas référence. Il serait en effet hasardeux de se risquer à une explication faisant référence à l'utilisation du second degré, alors que le président français s'exprime rarement en public de cette manière. Il était donc indispensable de nier en bloc, quoi qu'il n'y ait aucun doute sur la réalité des propos qu'icelui aurait tenus.
Paradoxalement, le sentiment qui ressort dans ces trois affaires est que l'offensé est toujours perdant : le peuple africain, Ségolène Royal, les femmes de ménage, les femmes africaines ou Lionel Jospin sont relégués au deuxième rang : il convient alors de stigmatiser les prises de position, certes racoleuses, de Ségolène Royal, en allant, pour la décrédibiliser,  jusqu'à proposer pour elle un accompagnement thérapeutique.
Nul doute que d'avisés journalistes intègres et honnêtes au plus haut degré sauront faire la part des choses dans les temps à venir... (M. Frédéric Lefèbvre aura sûrement remarqué que je faisais ici allusion à Jean-Michel Affatie).
En résumé, se foutre de la gueule des socialistes est un exercice tenant de la salubrité publique, alors que dénoncer les débordements verbaux des membres de la majorité devrait mener à l'internement psychiatrique. Qu'on se le dise !

Les commentaires sont fermés.

 
Tweet