Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Bonne foi garantie incontrôlable | Page d'accueil | Rama (dé)blogue à plein tube »

jeudi, 09 avril 2009

Son temps est compté...

1233880315tDXki4.jpgQu'apprends-je ce matin en ouissant les informations à la TSF ? Que les sages du Conseil d'État ont désavoué le refus du CSA de ne pas comptabiliser le temps d'expression du président de la République, avec, de la part de la journaliste de  France Culture, cette précieuse et précautionneuse précision : «dans certains cas, les propos du président de la République ont une tonalité politique».
En voilà, une nouvelle !
On s'abandonnait coupablement, jusqu'à présent, à mollement estimer que ledit président ne causait dans le poste que pour exprimer de façon lointainement poétique la nostalgie du temps de la marine à voile, laisser vagabonder sa prose coutumière sur de vagues allusions au sujet du temps qu'il fait ou qui passe, placer quelques vannes au micro de Pierre Salviac à l'issue d'une rencontre de rugby, ou encore proposer de nouvelles pistes de réflexion quant au bon usage du français par les dirigeants politiques de premier rang.
On est en droit de se demander, au train où vont les choses, où et quand pourra bien s'arrêter cette dérive. Aurait-on, je vous le demande, imaginé un instant le président Pompidou,  son prédécesseur Charles de Gaulle,  ou encore son successeur François Mitterrand oser se laisser aller à aborder un sujet de nature politique avec la population dont l'oreille était collée au poste à transistors ou les yeux rivés au tube cathodique de l'office de radiodiffusion et de télévision française ? Jamais, au grand jamais, on n'aurait envisagé qu'une telle ignominie pût ainsi, ne serait-ce que l'espace d'un instant, caresser l'esprit des ex-locataires du palais de la rue du Faubourg Saint-Honoré.
Jusqu'à présent aucun président de la République française ne s'est exprimé publiquement pour évoquer des sujets politiques. Sinon, ça se saurait. Eh bien ! en définitive, il faut qu'on se le dise, «dans certains cas, les propos du président de la République ont une tonalité politique».  C'est peut-être ça, au fond, la vraie rupture.

Les commentaires sont fermés.

 
Tweet