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lundi, 06 avril 2009

De la menace de mort considérée comme un des Beaux-Arts

Pierre Lellouche a fait son cinéma sur le plateau de l'émission de Moati, Ripostes. Le ventomoulinesque producteur avait opté pour  un équilibre du plateau des participants quelque peu surprenant : contre trois personnes favorables au retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN, une seule devait apporter la contradiction : Jean-Luc Mélenchon.
De surcroît, Moati avait choisi, aux côtés du Professeur Oui-Oui Guetta, et de Baroquissimo Attali, le plus loufoque des abrutis néo-cons de l'UMP.  Le déséquilibre est apparu de manière éclatante.
Rappelons-nous le temps béni où l'ami Lellouche voyait des armes de destruction massive un peu partout en Irak, quand  satellites,  avions et chiens renifleurs ainsi que les inspecteurs de l'ONU ne trouvaient que dalle. Eh bien ! il a toujours raison, Lellouche : la preuve, c'est qu'il est obligé de gueuler comme un veau pour couvrir la voix du seul contradicteur présent sur le plateau.
Dommage encore qu'on lui ait opposé ce «pauvre type» de Mélenchon.


Moati est content, il a eu ce qu'il voulait : comme les Guignols faisaient dire à de Mougeotte : «du cul, du cul, du cul», Moati pourra se réjouir «du buzz, du buzz, du buzz».
En duel, s'il avait eu le choix des armes et opté pour une arme à deux coups comportant la courtoisie et l'intelligence, parions que Lellouche aurait succombé. Forcément.

14:56 Écrit par boeufquipleure dans Au Fond de l'Etable | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : lellouche, moati, mélenchon |  Facebook |

Commentaires

Voilà une émission dont j'ai suivi la première partie sur le G20, et celle-ci était bien différente.

Bon, on a eu droit à une introduction ridicule de Moati avec ses jeux de mots interminables sur la "banane" de Sarkozy, et la sélection des invités paraissait comme d'habitude peu prometteuse concernant un éventuel débat d'idées.

MAIS en ce qui concerne l'économie, les évènements provoquent des mouvements massifs dans les esprits. Voyons ça de plus près :

Lellouche reste (pratiquement) sur ses positions, on les connaît, et l'invective brutale continue d'avoir une belle place dans sa rhétorique. Le G20 est un magnifique premier pas vers un gouvernement (le mot gouvernance a disparu de toutes les bouches sur le plateau) mondial...

Mélenchon, certes un peu paradoxal après tant d'années passées à protester mollement au PS, tient un discours pas inintéressant mais avec beaucoup de trous, pendant que Lellouche fait la moue "à la Zemmour" en l'écoutant.

Attali, lui, est captivant. Cet homme, pur produit du systême, est en train de faire un gigantesque mea culpa depuis quelques mois, lui que je mettais dans le même sac qu'Alain Minc. Il reste bien sûr un indécrottable optimiste, et pense que le G20 est un pas minuscule vers des structures mondiales, à l'image des 50 ans qu'il a fallu pour passer de la SDN à l'ONU. Mais son analyse est relativement juste quand à la situation dans laquelle nous sommes, et son attention soutenue pendant les interventions de Mélenchon montre un homme qui a su (finalement) se remettre en question.

Enfin, le discours du dernier invité valait son pesant de cacahuètes. Celui-ci, journaliste, était "le troisième quart" , d'accord avec attali et lellouche sur le premier pas (plus ou moins grand) constitué par le G20. Mais pour démontrer la justesse de son point de vue, il prend comme référence historique les premières réformes (timides, comme ce G20) de Gorbatchev en URSS. Hors, Gorbatchev (comme Obama prendra peut-être ce rôle) n' a pas profondément transformé le communisme (ces trois invités semblant d'accord sur le fait que le capitalisme persistera, sous une forme plus ou moins profondément remaniée) , il a accéléré une implosion devenue inévitable à moyen-terme.

Bref, si Moati a été aussi mauvais que d'habitude, la pression des évènements a déjà changé la donne de manière assez incroyable, avec un Mélenchon écouté et un Lellouche apparaissant incroyablement décalé...un vrai renversement de l'inégalité habituelle des débats politiques économiques qui a lieu, sans pourtant de changement formel pour le moment (mêmes invités que d'habitude, même présentation par le faux "Mr loyal") .

Écrit par : Moktarama | lundi, 06 avril 2009

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La saillie de Lellouche : «On serait au XIXe s., je vous provoquerais en duel et je vous flinguerais ! Et ce serait mérité ! »
Tout était dans «et ce serait mérité», qui renforce bien l'idée de désirer la mort d'un «adversaire» au sens propre du terme, puisque la notion de contradicteur, qui était déjà vivement malmenée -du fait des interminables scansions contondantes et coupantes destinées à annihiler les tentatives d'Attali et de Mélenchon de s'exprimer un tant, et un temps soit peu...- se trouvait dès lors totalement atomisée, «l'autre» ne devenant, au yeux du néo-cons' qu'un objet criant de répulsion promis à l'anéantissement. Bref, encore plus qu'un adversaire, un coupable devant être exécuté sur le champ... Et dire que nous sommes témoins !

Écrit par : Olivier | lundi, 06 avril 2009

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