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lundi, 24 novembre 2008

En avant la musique ! (1)

d'après les souvenirs  d'Evelyne Brasseur
La musique adoucit les moeurs. La formule, unanimement élevée au rang de truisme, n’a guère eu par le passé, l'occasion d'être mise en doute.
Bien évidemment, airs militaires et hymnes nationaux bénéficient d'une certaine clémence dérogatoire qui n'altère toutefois aucunement le principe supposé pacificateur de l'art musical.
La pratique de l'instrument, qu'il suive ou qu'il accompagne le laborieux apprentissage du solfège, est généralement considérée comme une discipline unanimement louée pour ce qu'elle exige de rigueur, d'abnégation et de persévérance.
De nombreuses communes peuvent s'enorgueillir de posséder, suivant l'importance de leur population, une école de musique, une batterie-fanfare ou une harmonie municipale.
Quoiqu'il existât antérieurement au XXe s. des sociétés musicales, c'est l'avènement de la loi de 1901 sur la liberté d'association qui permit une expansion florissante de cette noble activité et autorisa ainsi l'accès à une certaine forme de culture pour une part importante de la France rurale.
La région champardennaise, et particulièrement sa partie septentrionale, n'échappa aucunement à ce phénomène.
C'est ainsi que naquit un beau jour (mais rien ne nous dit que ce n’était pas un jour de pluie) de l'année 1905, la «Lyre Républicaine» dans la commune des Mazures, 800 habitants, dans le rude mais sympathique département des Ardennes.
On prétend que les origines ce village -anciennement Bourg-Sainte-Catherine- remonteraient au XIIe s. et que son nom proviendrait des ravages subis lors des guerres du XVIe s. De l’abbaye cistercienne fondée au XIIIe s., il ne reste que le nom, attribué à la chapelle qui se trouve aujourd’hui à son emplacement. Des forges y existaient dès la fin XVIe siècle.
Pendant des décennies, nombre d'enfants et de jeunes des Mazures, suivant les traces de leurs aînés, furent initiés à l'art musical dans une ambiance marquée par le labeur, le souvenir des grandes dates historiques, mais aussi par la tradition du combat politique et syndical de la population ouvrière, dans ce pays où l'activité métallurgique était depuis fort longtemps omniprésente.
De génération en génération, à côté des airs les plus traditionnels étudiés et répétés inlassablement, les adeptes des cors d'harmonie, caisses claires, clarinettes et autres trompettes, prenaient plaisir à exécuter sans défaillance le nostalgique Temps des Cerises, la martiale Marseillaise, et l'audacieuse Internationale, qui avait été intégrée au répertoire de la rurale formation musicale sans que quiconque osât interjeter la moindre contestation.
Au fil du temps, la bannière de la Lyre Républicaine devint l'orgueil des Mazures, tant les exécutants mettaient du coeur à l'ouvrage pour faire entendre une sonorité sans défaut au cours des nombreuses représentations données régulièrement, tant dans les villages de la vallée de la Meuse, que de Rethel à Nouzonville.
On pourra objecter que le parcours de l'harmonie mazuroise fut vraisemblablement marqué par des épisodes moins flatteurs. C'est fort probable. Cependant, la tradition perdurait sans encombres jusqu'à ce que la vénérable formation s'apprête à fêter son soixantième anniversaire...



14:02 Écrit par boeufquipleure dans récits | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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