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mardi, 16 septembre 2008

DarcOs en tient une couche !

t3g9c94g.jpgXavier Darcos est un homme très sérieux : se penchant sur le sort des enseignants, ce généreux politicien désintéressé estime qu'il n'est pas nécessaire d'employer des professeurs "recrutés à bac+5" pour "surveiller des siestes et changer les couches" en ce qui concerne leur activité principale. De la matière fiscale à la matière fécale, il n'y a qu'un pas à faire, mais il vaut mieux tout de même bien regarder où l'on met les pieds.

M. Darcos utilise en réalité cet argument pour justifier la suppression programmée de la petite section de l'école maternelle. Il n'y a pas de petites économies.
Bon, c'est sûr, M. Darcos a un petit problème, et il ne sait pas très bien que la condition d'accueil à l'école maternelle est l'accès à la propreté.

Il est possible, on en conviendra, d'argumenter au sujet de l'accueil de tout petits, âgé de deux à trois ans. On sait que la préscolarisation précoce est une très bonne chose pour certains enfants, et que cela n'est pas le cas pour d'autres.
Toujours est-il que l'argumentation de M. Darcos manque un tantinet de pertinence, sans parler d'intelligence...

07:51 Écrit par boeufquipleure dans La Flatte d'Honneur | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : darcos, école maternelle, siestes, couches |  Facebook |

Commentaires

Cette sortie n'est pas isolée. Il y a eu cette année sur le même sujet : un rapport parlementaire, un rapport de la Degesco (organisme chargé de la prospective à l'EN), le livre d'un IEN sous pseudonyme (Faut-il supprimer les écoles maternelles ?), les recommandations de Bentolila pour les leçons de mots dans le cadre de la refonte des programmes de grammaire de l'élémentaire (ces recommandations débordaient le cadre de ce degré).

Cela commence à faire un peu beaucoup. Le projet n'est pas encore très clair, mais on peut dégager quelques axes. D'abord, fixer des programmes normatifs avec un volume horaire strict comme pour l'élémentaire et non plus des fourchettes. La tendance est bien à une mise au pas de tous les enseignants dans un cadre rigide. Cela peut concerner surtout la grande section. Le caporalisme est de retour depuis un bon moment.

Ensuite, l'avenir de la petite section est bien en jeu : le nombre d'enfants de moins de 3 ans scolarisés est marginal (moins de 1 % des effectifs), mais cela peut être un prétexte pour revenir sur la scolarisation des enfants de 3 ans aussi, il ne faut pas oublier qu'elle est récente. Le gain est alors de quelques dizaines de milliers de postes (le passage du BEP-Bac Pro en 4 ans à 3 ans économisera ainsi 12 000 postes). Les économies sont là. En outre, il ne faut pas oublier qu'en milieu rural, maternelle et élémentaire sont parfois confondues faute d'effectifs suffisants : le reproche de Darcos portait sur les petits comme variable d'ajustement pour sauver des classes. Cela incitera encore plus aux regroupements scolaires pour des établissements isolés à une, deux ou trois classes. Beaucoup de maires n'en veulent pas, car les coûts explosent pour eux (demi-pension, aides scolaires, transport). Et une fois le regroupement effectué, il sera difficile aux communes de se désengager puisqu'il y aura eu des travaux importants. Or, il est plus aisé de lisser les effectifs (et le nombre d'enseignants) dans une école de 24 classes que dans une de 6. C'est ce que l'on nomme les économies d'échelle : il faut supprimer les classes à petits effectifs afin d'être au plus près de la moyenne d'encadrement, tout comme dans le secondaire on s'est attaqué aux options rares qui font gonfler les effectifs dans les matières générales.

D'une manière générale, cela illustre le désengagement de l'État qui laisse la charge de services publics aux collectivités locales : avant, c'était La Poste qui laissait aux communes le soin d'avoir encore un relais, maintenant ce sera aussi l'éducation et l'accueil des plus petits. Et de toute manière, les crèches existent bien déjà ? Or, il existe toutes sortes de crèches : municipales, associatives et... privées. Voilà un secteur rentable ! Une directrice de crèche est puéricultrice (Bac+4), mais ses aides ont des niveaux bien plus faibles, et des salaires à l'avenant. C'est un secteur juteux pour des entreprises qui misent sur la privatisation partielle de l'enseignement et du monde de l'éducation en général (à quand la Sodexo dans les cantines de collèges, Veolia pour le ménage des lycées, une société privée de vigiles pour la surveillance ?)

Écrit par : Dominique | mardi, 16 septembre 2008

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