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  • Francs-maçonnes !

    Les francs-maçonnes s'invitent dans les loges de leurs frères
    Je ne suis pas profondément instruit en matière de franc-maçonnerie. Manque d'initiation, malgré de longues heures à écouter diverses versions de La Flûte Enchantée (Surtout celle de Klemperer, 1963, avec Lucia Popp en Reine de la Nuit)...
    Que nous dit le cnrtl.fr ?
    «FRANC-MAÇON, subst. masc.
    Étymol. et Hist. 1735 Confrairie des Maçons-Libres (Chansons d'apr. Le Forestier L'Occultisme et la franc-Maçonnerie écossaise, p. 183 ds Mack. t. 1, p. 101); 1737 free-maçons, francs-massons (Discours du Frère Ramsay d'apr. Le Forestier, op. cit., p. 159, ibid.); 1737 Francs-Maçons (Naudot, Chansons notées de la Trés vénérable Confrérie des Francs-Maçons, ibid.). Adaptation de l'angl. Freemason composé de free « libre » et mason correspondant au fr. maçon*.»

    D'où l'on apprend donc que «franc» serait une adaptation de l'anglois «free». Bien.
    Sauf que «franc» et «libre», dans ma petite tête de bovidé, ça ne me semble pas avoir la même acception. Mais, dans notre grande mansuétude, nous accorderons volontiers que les glissements de sens et de sons possèdent un charme réellement passionnant. Heureusement, Furetière, le malin, n'oublie pas de nous rappeler cela :
    FRANC, signifie aussi, Qui est en liberté. On n'a pas receu le droit des esclaves en France, tous les hommes y sont francs & libres, c'est un pays franc. les villes franches d'Allemagne, sont villes libres, qui n'ont aucun Prince qui leur commande. Ainsi tous les Auteurs sont d'accord que le nom de François ou franc est venu de ce qu'ils ont toûjours deffendu leur liberté...

    Notons que l'Académie française ne le contrarie pas en l'occurrence.
    Bon, alors maintenant, colletons-nous à un autre problème : «franc», communément employé au pluriel a manifestement valeur d'adjectif qualificatif.
    Le nom composé «franc-maçon» étant constitué d'un adjectif et d'un nom, on place un 's' à la fin de chaque élément. Hoquet !
    Mézalors, au féminin, dis-donc, comment c'est-y qu'on fait ?
    Rue89 ne s'embarrasse pas et opte résolument pour «les francs-maçonnes» !

    Je veux bien, mais cette tournure me retourne un peu les boyaux de la tête.
    Que prétend Girodet ?

    franc-maçon Pluriel et féminin ; synonymes.
    1 Emploi substantif. Au masculin, le premier élément prend la marque du pluriel, le second aussi : Un franc-maçon, des francs-maçons. — Au féminin, l'élément franc- reste invariable, le second élément est variable : Une franc-maçonne, des franc-maçonnes.
    2 Emploi adjectif. Mêmes règles que pour l'emploi substantif : L'idéal franc-maçon. Les symboles francs-maçons. La politique franc-maçonne. Les influences franc-maçonnes.

    Alors, voilà : d'où diantre provient ce titre bizarre de Rue89 ?
    Accordez, accordez, accordez-donc
    L'aumône à l'accord d'accord....

  • Balles tragiques à Carcassonne : 17 blessés.

    arme13.jpgDans le Nouvel Obs, on nous dit :

    Selon le porte-parole du SIRPA-Terre, le drame survenu dimanche, où 17 personnes ont été blessées par des tirs à balles réelles lors d'une démonstration militaire, relève à "99,9% d'une faute non volontaire due à un mélange de munitions réelles et à blanc". Le ministre de la Défense a, de son côté, souligné "des manquements".
    Le Bœuf qui Pleure, qui a moyennement goûté de la chose militaire, se rappelle cependant que dans son court stage où il avait dû revêtir un treillis -avant d'être définitivement convié à rejoindre son étable, pour inadapation précoce à la vie militaire- il avait appris le maniement d'une arme à feu. Le chargeur étant un peu coincé, votre bœuf préféré crut bon de signaler au moniteur que de dispositif qu'on lui avait confié s'était enrayé. Bien mal lui en prit, car ledit moniteur, dans un élan de générosité pédagogique contondant, infligea au maladroit un direct du gauche dans le coin de sa gueule. Cela ne plut que modérément au bœuf qui, brimé dans ses efforts de socialisation militaire, jugea que le pays pouvait bien se passer d'un soldat aussi maladroit. La commission de réforme, se réunissant quelques semaines après cela, accéda à sa requête.
    À ce jour, le Bœuf n'a encore blessé personne.

  • Opposants à Sarko : la France a peur !

    sondage100.jpg

    Si l'on en croit ce sondage de «l'intern@ute», dont la capture d'écran s'affiche quelque part sur cette page, la proportion de Français ayant acheté le fameux gilet de sécurité rétro-réfléchissant coïncide, à un poil pubien près, avec le pourcentage des mêmes Français défavorables à la politique de Sarko.
    Comme je n'ai pas encore fait l'achat du gilet jaune -j'ai répondu «non» à cette enquête- et que je tiens à grossir les rangs des opposants déclarés et visibles à Tranche-Montagne, il me faudra donc trouver dare-dare la précieuse casaque amarilla.
    J'aime bien le 0,8% de «je ne sais pas». Alzheimer, quand tu nous tiens !

    Note : il fallait bien pondre une note pour arriver à la centième. Ce fut laborieux, mais j'y suis arrivé...

  • Quand Nadine brouille l'écoute de Christine

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    Résumé de la situation : Christine Boutin, qui ne compte que des amis au sein de la très soudée majorité présidentielle plurielle, a donc lancé une pétition contre la légalisation de la «gestation pour autrui». Au passage, notons qu'elle n'a pas pipé mot sur la légalisation (non déclarée) de la «saillie en vue de la gestation pour autrui», juste pour -révérence parler- se foutre de sa gueule au passage.
    Nadine, ainsi, n'est pas contente du tout que sa collègue disconvienne à sa conviction affichée.
    Avec son habituelle faconde sarko-populiste, la brillante élue de Toul a osé le déclarer tout net : «Je le redis: si ma fille était atteinte d'une malformation utérine et qu'elle pourrait devenir mère, et qu'à cause de cette malformation elle ne peut pas porter son propre enfant, et bien je le porterais».
    On connaît la technique : prendre l'individu à témoin sur le mode compassionnel en se mettant en exergue dans une illusion de situation possible -sans lui laisser l'occasion d'une porte de sortie- afin d'obtenir un consentement implicite de l'interlocuteur.
    En l'occurrence, ce mélimélo vaguement jocasto-œdipien ajouté à une faute de formulation hénaurme (à moins qu'on puisse accepter qu'en matière de procréation, il soit possible d'être croyant sans être pratiquant, et en quelque sorte, instaurer une manière se sous-traitance des basses œuvres...) n'est pas sans nous faire poser quelques questions au sujet des manifestations de psychopathologie de la vie quotidienne de Mme Morano.

  • Roselyne Bachelot garde le moral

    «Interpellée à l'Assemblée nationale, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, s'est gardée de se prononcer, mais a qualifié d'"immoral" le déficit de la Sécu».
    Salauds de malades de longue durée !
    Les actions de chasses, les béhèmes, mercédesses, résidences secondaires, les vacances de rêve, et ceci, et cela, que peuvent s'offrir un «petit» nombre de professionnels de santé parmi lesquels quelques spécialistes médicaux ou paramédicaux, qui vivent quand même un peu grâce à l'existence de la sécurité sociale, en revanche, ça c'est très moral !

  • Ducasse se tire chez Léo Ferré !

    L'exode des pauvres continue.

    Faute de pouvoir continuer à vivre décemment sur un territoire abandonné à la dictature du fisc et des partageux, le maître queux libertaire, à bout de patience, au bord de la ruine et à la limite de la dépression nerveuse,  n'a donc pas trouvé d'autre solution que de proposer ses services d'amuse-bouches sur le rocher de Monaco. Le monde de la grande cuisine vient donc de gagner un chef, un grand, un vrai, bref un chef d'opérette.
    Les masses laborieuses en voient leurs assiettes toutes retournées : le célèbre chef cuistot Alain Ducasse vient donc d'obtenir la nationalité monégasque, avec tous les déchirements que l'on imagine : déchirement de la feuille de délaration de revenus, déchirement de l'imprimé de déclaration de la taxe à la valeur ajoutée. On imagine mal, de la tour d'ivoire -ou dorée, c'est selon- d'où nous écrivons et lisons autant de de subtilités que de balivernes, le crève-cœur que représente cet exil pour cet homme mais on comprend la détresse qui l'étreignait  jusqu'à présent face à une administration fiscale carrément transsylvannienne pour ne pas dire bolchevique.
    La gauche, épaisse, revancharde, inquisitrice et impitoyable, toujours présente en filigrane dans les formulaires des sombres administrations qui terrorisent les forces vives de la nation, aura donc eu la peau d'un des plus beaux fleurons de ce que la France, dans toute sa grandeur, se faisait jusqu'alors une fierté de posséder en ses rangs, bref un homme qui serait digne d'entrer, tête haute mais bourse plate, de son vivant au panthéon.
    L'UMP, dans sa nécessaire, courageuse et généreuse croisade auprès des plus humbles des nos concitoyens, n'a pas hésité une seconde à prendre la défense du déporté volontaire.
    Le bouclier fiscal, voté l'an passé, démontre, par l'exposition de ce triste exemple, les effets pervers de la timidité  des mesures visant à redonner du pouvoir d'achat à une frange de la population, jusqu'alors freinée dans son désir de consommation, écrasée sous le poids des charges, des taxes et autres injustes contributions.
    L'UMP, dans sa grande sagesse,  déclare, par la voix de la sénatrice Catherine Dumas, que  «La France est une nouvelle fois victime de sa fiscalité excessive. Après nos artistes, nos sportifs et nos grands chefs d'entreprises, l'ISF s'attaque désormais à nos artisans de renom et de talent».
    Le constat est là : le pays est devenu tellement pauvre que les riches  y crèvent la faim !
    Les plus aisés devront donc se sustenter avec des sandwichs jambon-beurre ou pâté Hénaff sur canapé...
  • Sale ! mes baskets

    Philippe Dalecky, en 1978, sortait ce titre, cinq ans avant Tom Waits et son Swordfishtrombone. Deux œuvres qui possèdent certains traits de ressemblance en ce qui concerne le rythme, la mélodie et l'environnement instrumental, à dominante de cuivres, ainsi que la curieuse voix d'outre-caverne du chanteur.

    Sale ! mes baskets
    On commence fort. Étant donné que nous avons affaire à une œuvre qui se situe dans un registre volontairement crade, on pourrait estimer que l'orthographe a été résolument traitée sur ce mode. Mauvaise impression. En réalité : c'est «c'est sale !» d'où cette interjection : Sale !
    La saleté revendiquée, en quelque sorte.
    L'individu porte des chaussures de sport en toile et caoutchouc de la marque Converse, ainsi qu'on peut le constater sur ce document photographique, et qui n'étaient pas spécialement bon marché en cette année 1978.

    Sale ! mon manteau
    Je r'foule des chaussettes
    J'ai les ch'veux bien crados
    On m'renifle à 100 mètres

    L'aspect vestimentaire outrageusement négligé, l'absence revendiquée d'hygiène, l'infection assumée, tout semble accréditer en l'occurrence la manifestation d'une rupture provocatrice à l'encontre de la société -phénomène somme toute banal il y a trente ans- qui se voit ainsi vilipendée par un renégat : au demeurant, l'énergumène décrit lui-même cet état, ce qui laisse entendre qu'il n'est pas réellement en rupture de communication, et qu'il est toujours en conjonction avec le quidam à qui il est sensé parler. Il a conscience de la puanteur, non seulement de ses chaussettes, mais aussi de l'ensemble du corps, puisque selon ses dires, sa pestilence serait perceptible dans un rayon d'un hectomètre autour de lui, ce qui, convenons-en, semble peu vraisemblable. On aura remarqué la description par strates : saleté/puanteur/saleté/puanteur, avec une certaine gradation : mes vêtements sont sales, mes vêtements puent, je suis sale, je pue, selon un rythme témoignant de bases culturelles non négligeables qui transpirent ici dans cette bravade nauséabonde.

    Vaut mieux m'voir en photo
    laisse à penser que si l 'aspect olfactif est désespérément rédhibitoire, il n'en irait pas de même de l'aspect pysique, selon les critères esthétiques habituels, avec une certaine autosatisfaction de l'auteur à s'estimer relativement présentable sur une photographie. Ce qui tendrait à renforcer l'idée selon laquelle la stratégie de rupture de l'original malodorant ne serait en réalité qu'une posture ostentatoire de défiance à l'égard de la société giscardisée depuis quatre années.

    Et j'ai toujours ma place dans l'métro
    Le gaillard est provocateur, mais il revendique la possibilité d'user comme il le souhaite d'espaces publics relativement protégés.

    Sale ! mes baskets
    Sale ! mon manteau
    C'est tous les jours ma fête
    Et ça emmerde le prolo

    D'une manière de plus en plus évidente, le gaillard se révèle être un anarchiste de droite. Pas de conscience de classe. On sentirait même un fumet de Louis-Ferdinand ressortir de l'ensemble.
    Malgré tout le clodo stagiaire n'a pas réellement entamé, à ce stade, notre doute quant à la profondeur de sa conviction prétendument affichée.
    J'ai vraiment pas la tête
    A chercher du boulot

    Cet élément est intéressant : certes, il ne veut pas chercher un travail stable, mais ce «j'ai vraiment pas la tête à...» tendrait à prouver que nous sommes en présence d'une manifestation réactionnelle à une perturbation d'ordre affectif.
    Et j'ai toujours ma place au bistrot

    Autre élément intéressant : en voie de clochardisation, notre zigoto ne carbure pas au Gévéor sur les bancs publics. Il va au bistrot, avec place assise et règlement de la consommation «rugby sur l'ongle», comme aurait dit Francis Blanche.

    Sale ! mes baskets
    Sale ! mon manteau
    J'fais flipper les minettes
    Avec mon numéro

    L'aveu : il est bien en représentation, et cherche selon toute vraisemblance, à se lever des petites nanas promptes à se faire peur dans l'espoir et la crainte mêlés de vivre un moment d'extase dans les bras d'une façon de King-Kong de banc de métro. Comme en attestent les vers suivants :

    Déroulez les carpettes
    J'tire toujours le gros lot
    Et j'ai toujours ma place au dodo
    Nous avons la confirmation : l'olibrius couche ! Remarquons au passage la proximité des deux expressions «j'tire» et «au dodo» : comme la convention a succédé à la prise de la Bastille, le repos du guerrier fait suite à la conquête...

    Sale ! mes baskets
    Sale ! mon manteau
    Je r'foule des chaussettes
    J'ai les ch'veux bien crados
    Je m'fais péter la tête
    Et je vis en stéréo

    On peut se demander si, au lieu de siroter du Bercy, le trimardeur ne goûterait pas plutôt aux joies des substances hallucinogènes.
    Et j'ai toujours ma place dans le métro

    Sale ! mes baskets
    Sales et crados
    Ceux qui tiennent les manettes
    De notre monde parano
    Qui vendent des mitraillettes
    Qui roulent en char d'assaut
    Y'a toujours d'la place dans leurs hostos
    Faisais-je fausse route ? Toujours est-il que notre vagabond manifeste son aversion pour ce système où ceux qui tirent les ficelles, c'est à dire les vendeurs d'armes et proliférateurs de conflits -qui sont les mêmes- avec l'assentiment passif des populations décérébrées, qui au besoin, peuvent alimenter les contingents de chair à canon. Toujours est-il que l'interprétation au sujet de la manifestation provocatrice du début du texte se trouve prise à contrepied par ce dernier passage nettement antimilitariste, quoique modeste en regard des chansons de Pete Seeger, Woodie Guthrie, Bob Dylan et Joan Baez.

    Mais ce côté dérisoire n'était-il pas en quelque sorte annonciateur d'une démobilisation progressive de la jeunesse revendicatrice, pour des désirs plus petitement égoïstes ?
    Comme quoi le déjanté et le conventionnel, comme sur un banc de métro, peuvent afficher une curieuse proximité.