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lundi, 16 juin 2008

L'homme cultivé le plus bas d'Inter...

410120441-photo.jpgExcusez l'emprunt à la formule de Desproges, mais l'occasion était trop belle de ne pas épingler quelqu'un que j'aime bien, Robert Badinter, qui s'est laissé aller à des comparaisons un peu «limites» , ce matin, non pas sur France Inter, mais sur Les Matins de France Culture.
Ce billet est une reprise d'une contribution postée ce matin sur Marianne2.fr

Robert Badinter, donc, homme particulièrement instruit, extrêmement intelligent, et fort au fait des problèmes institutionnels, tant à l'échelon français que pour ce qui concerne les velléités d'instauration d'une constitution pour l'Europe [alors que le peuple européen n'existe pas] a commis une formule qui en dit long sur le décalage qui peut exister entre les vœux -qu'ils soient pieux, ou plus intéressés| - de la gent technocratique européenne socialo-libérale, et du désir des peuples à s'exprimer clairement quant à leur avenir dans l'espace européen, tant du point de vue institutionnel, qu'au sujet du poids de sa représentativité politique, ainsi que de sa posture face aux choix économiques verrouillés induits par le traité de Lisbonne (ou du traité instaurant une constitution européenne):
Il a donc déclaré que les Irlandais s'étaient comportés en enfants gâtés.
En clair, l'Irlande, «qui a tant reçu de la communauté européenne» a bien tort d'avoir voulu cracher dans la soupe, et ce n'est vraiment pas beau de refuser de signer sans avoir lu le texte-qui-n'est-pas-parfait-mais-qui-comporte-tant-d'avancées- démocratiques, comme aiment à le souligner les partisans du traité de Lisboã.
Ils commencent vraiment à nous pulvériser les pendeloques, ces chantres du IVe Reich, même lorsqu'ils sont des gens aussi avisés que Robert Badinter.
Tant que l'on ne consultera pas l'ensemble de la population européenne sur les bases élémentaires des fonctionnements institutionnel et politique de l'Union, et cela dans un texte simple et accessible, la dichotomie population/représentation sera de plus en plus une source de mécontentement populaire, qui aura bien sûr tendance à se généraliser.
En cela, la formule employée dans le titre de l'article d'Edouard Husson Irlande : puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple est fort bien venue.
Mais il faut croire que cette formule est déjà, et depuis un certain temps, en phase d'industrialisation dans notre eurofacholobbycratie totalisant totalement le tout. Tout le temps ! (petit emprunt à julos Beaucarne...)

Commentaires

La formule d'Husson est à attribuer à Brecht qui écrivit le fameux poème La Solution en 53.

Écrit par : Dominique | lundi, 16 juin 2008

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Oui, oui, et elle m'avait sauté à l'esprit le 30 mai 2005 après avoir lu la philippique de Serge July dans Libé, tant elle semblait s'imposer. Cette phormule est d'ailleurs très connue et souvent reprise, souvent à juste titre.
Voila le texte original et la traduction de Catherine Réault-Crosnier

DIE LÖSUNG (Berthold BRECHT)
Nach dem Aufstand des 17. Juni
Ließ der Sekretär des Schriftstellerverbands
In der Stalinallee Flugblätter verteilen
Auf denen zu lesen war, daß das Volk
Das Vertrauen der Regierung verscherzt habe
Und es nur durch verdoppelte Arbeit
Zurückerobern könne. Wäre es da
Nicht doch einfacher, die Regierung
Löste das Volk auf und
Wählte ein anderes ?

LA SOLUTION
Après l’insurrection du 17 juin,
Le secrétaire de l’union des écrivains
Fit distribuer des tracts dans l’allée Staline.
Le peuple, par sa faute, a perdu
La confiance du gouvernement
Et ce n’est qu’en travaillant doublement
Qu’il pourra la regagner.
Ne serait-il pas plus simple
Pour le gouvernement
De dissoudre le peuple
Et d’en élire un autre ?

Écrit par : Olivier | lundi, 16 juin 2008

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