« Plan autisme à l'Elysée | Page d'accueil | Vive la Droite Socialiste ! »

mardi, 20 mai 2008

Bal de la Presse tragique : 1 mort

Ce midi, sur l'Antenne de France Culture, il était possible d'entendre une journaliste évoquant l'audition de Gerald Lesigne devant le conseil de discipline du Conseil Supérieur de la Magistrature, au sujet des graves conséquences de mauvais fonctionnements de la justice, dans l'affaire Outreau, affaire pour lequel il ne fait pas partie de ceux qui ont le moins de responsabilités.
Oui mais, voilà : il y a un autre problème, qui a été facilement évacué, et qui concerne des responsabilités qui ne sont pas minces. Et qui concernent en particulier la presse.
La presse dont aucun procès n'a été convoqué, alors qu'elle n'est indiscutablement pas innocente.
Il n'est pas inutile de rappeler que cette enquête a fait un mort, François Mourmand, ferrailleur de 33 ans, qui a été retrouvé mort dans sa cellule après avoir absorbé une quantité importante d emédicaments.
[passage erroné supprimé : voir ci-dessous la note de Dominique]
Rectification suite au commentaire de Dominique.  
[Le 14 mai 1997, dans une note intitulée « Pédophilie : un autre instituteur mis en examen »[2], le quotidien l’Humanité faisait état d'une déclaration du ministre de l’Education nationale, François Bayrou, insistant sur la nécessité de « saisir la justice » en cas de soupçons envers un enseignant : « Si dans l’enquête quelqu’un est soupçonné, on suspend sa présence auprès des élèves. Et si quelqu’un est condamné, il est radié ». D'après le site de la famille de Bernard Hanse, le suicide de cet enseignant avait eu lieu le 10 juin 1997 pendant la soirée alors que, d'après une information du journal Le Monde du 13 juin[3], Ségolène Royal déclarait avoir effectué le 10 juin un « tour par téléphone des inspections académiques » afin d’entreprendre un recensement des cas de pédophilie signalés à la justice. (Wikipedia)]

Il est vrai que toute la presse s'y était mise de sa «bienvenue chez les Ch'tis» pour décrire ces populations alcoolisées, rongées par la pauvreté, le chômage, pour ne pas dire la dégénérescence, mille vices et autres tares des sombres quartiers de ces cités d'un autre âge. Haro sur le ch'ti en quelque sorte.
Néanmoins, il me semble un peu injuste de taper sur France Culture en particulier -c'est bien parce que j'ai entendu l'info sur cette radio, et juste pour cela que je l'évoque ici- car on ne semble guère se bousculer au portillon, cette fois, pour y aller de sa petite phrase assassine.
Le Plan B et un peu après, Daniel Mermet, dans là-bas i j'y suis (France Inter), ont consacré articles et émission radiophonique pour traiter, en profondeur, du rôle essentiel de la presse dans cette catastrophe judiciaire.
Et c'est peut-être pour cela que -allez savoir...- la presse a mis la sourdine au sujet de Gerald Lesigne...

banderole_psg2.jpg

Les banderoles du PSG que la presse n'avait pas souhaité diffuser : et pour cause !
Ce déploiement de banderoles avait été évoqué par Daniel Mermet dans LBSJS

 

Commentaires

Olivier : Bernard Hanse, enseignant qui s'était donné la mort dans la soirée du 10 juin 1997 après la parution d'un article du Monde du 13 juin, le mettant en cause.

J'ai du mal à suivre la chronologie.

Ce n'est pas l'article du Monde qui a provoqué ce décès, mais l'action du principal de collège qui a averti le procureur de la République alors que les parents ne s'étaient pas déplacés pour une confrontation dans l'établissement et qu'il n'y avait eu aucune plainte auprès de la gendarmerie ou de la justice. Le seul échange avec les parents (qui habitaient dans un village fort éloigné de Montmirail) avait été téléphonique. C'est sur cette base seulement que Bernard Hanse avait été suspendu de ses fonctions, sur celle d'un coup de fil de parents qui ne viennent pas pour donner leur version face à des témoins. La presse n'y était pour rien. Ce qui est encore le plus absurde, c'est que le rectorat ait tout de suite accepté la suspension dans la minute qui suivait, sans plus d'examen, et comme si une suspension de fonction était une chose normale que l'on peut décider dans un bureau à cinquante kilomètres sur la foi d'un seul rapport oral, sans aucune trace écrite. Il y a eu juste défaillance du chef d'établissement (que j'ai failli subir par ailleurs) qui a paniqué en pleine pédophilomanie. Je me souviens qu'à la même époque les collègues d'EPS disaient leur inquiétude à devoir aider physiquement des élèves dans leurs exercices et je prenais bien soin de ne pas rester seul avec un(e) élève dans la salle même ouverte, j'attendais le départ du dernier ou de la dernière sur le seuil. J'accuserais en premier lieu mon administration qui a prouvé une nouvelle fois son incompétence et son inconséquence.

Écrit par : Dominique | mardi, 20 mai 2008

Répondre à ce commentaire

Effectivement, ma formulation est fausse, en raison d'un saut de ligne malencontreux, et d'une lecture un peu trop hâtive d'une information, parue effectivement dans le Monde, mais au sujet notamment d'une enquête téléphonique de Ségolène Royal.
Mon billet est donc bancal et je dois le rectifier.
Merci pour ces précisions. Le pire est qu'à cette époque, un membre de ma famille, représentant syndical, m'en avait parlé et avait vigoureusement protesté contre certaines mesures un peu trop expéditives décidées par la hiérarchie.
De surcroît, cela élargit le champ des responsabilités, dans lequel on pourrait également inclure des lecteurs complaisants.
Je tenais néanmoins à faire le rappel de la couverture de cette affaire par la presse à l'époque, et peut-être surtout celui de la radio et de la télé. J'ai réécouté quelques extraits : c'était consternant.

Écrit par : Olivier | mardi, 20 mai 2008

Répondre à ce commentaire

Mouais et que dire de l'obscène feuilleton Fourniret qui préoccupe tellement notre feuille de chou locale ? Pourquoi lui accorde-t-on une page entière chaque jour et donne-t-on la parole à de simples spectateurs venus assister à cet étalage de choses peu ragoutantes comme les Tricoteuses lors des tribunaux révolutionnaires (je n'ose pas suivre France3 pour ne pas subir cette infection hyper-régionaliste) ? Les faits sont déjà assez horribles en eux-mêmes, les deux accusés jouent à être encore plus sordides et manipulateurs qu'on ne s'y attendrait, tout sonne faux dans cette histoire qui emprunte à la télé-réalité, sauf sans doute la peine des familles qui se font avoir dans un spectacle de grand-guignol. Le lecteur redemande du sang à la Une, en effet, mais les faits seuls sont déjà bien suffisants sans que l'on soit obligés de faire appel à la vox populi qui aime se voir en ce miroir. Lequel est profondément malsain.

Écrit par : Dominique | mercredi, 21 mai 2008

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

 
Tweet