lundi, 23 janvier 2012

« Rentre dans ton pays, bougnoule !»

Celle-là, on ne me l'avait jamais faite ! Certes, par le passé, en quelques occasions, on sut me faire pointer qu'il émanait de ma personne un sentiment d'étrangeté : visitant il y a fort longtemps le Rijksmuseum d'Amsterdam, un gardien adressa à mon endroit quelques paroles identifiables comme du yiddish. Lui répondant le plus aimablement possible, il me fallait lui confier que je n'avais point saisi le fond de son propos. Lors il me retourna, dans un parfait français : « je croyais que vous étiez juif, comme moi»… Le temps passant, et chemin faisant, ce fut un douanier italien de la frontière italo-helvète qui engagea une conversation que je prenai pour tout aussi aimable, sans que j'en saisisse cependant un traître mot, alors qu'il estimait, de visu, que je devais être familiarisé depuis longtemps avec la langue de Leopardi.  Quand il comprit que le sens de ses paroles m'échappait, il se résolut à adopter un ton plus administratif : — Passaporte !…
Bien des années plus tard, ce fut un Arménien, réfugié dans ma ville, qui évalua, avec une quasi certitude, qu'il était impossible que je ne partageasse pas avec lui les mêmes origines…
Auparavant, me promenant dominicalement dans les rues de la capitale, m'arrêtant un instant devant la préfecture de police, un gardien me confia quelques mots dans une langue qu'il estimait nous être commune, le corse…
Pour éviter de vous lasser, la liste des exemples s'arrêtera là. (Pour juger de l'aspect de ma bobine, voir. Bon, d'accord, l'image date un peu…)
Jusqu'à ce que, ce dimanche dernier à dix heures cinquante, où au milieu du passage pour piétons menant du pied de ma porte au trottoir d'en face, je vis arriver à vive allure un puissant 4x4 Volkswagen Touareg de couleur noire, immatriculé 866 Alpha-Tango-Lima, dans mon département, et je compris que le pilote n'entendait point décélérer. C'est le cœur brisé qu'il consentit à piler net à quelques centimètres de mes genoux, en arborant au passage un grand sourire, comme s'il venait de réaliser un exploit… Je me retrouvai ainsi, tel cet étudiant de la place Tien An Men immobilisant une colonne de blindés…
tien_an_men.jpg
Quelques instants plus tard, le tankiste improvisé s'arrête et baisse la vitre latérale, me jetant, magnanime : — je m'excuse !
Je lui réplique alors qu'il lui est bien aise de s'excuser lui-même, alors qu'il me revenait de juger si cela entrait dans mes souhaits éventuels, en ajoutant qu'il avait en cette occurrence eu de la veine de ne pas perdre quatre points sur son permis d'écrabouiller autrui…

La réponse fusa : — retourne dans ton pays, bougnoule !(*)
Le vernis du quidam ainsi se craquela, ignorant au passage le sens du mot wolof dont il avait usé, mais révélant pour le moins son intention première : casser du barbaresque…
À l'avenir, méfiez-vous des 4x4 Volkswagen Touareg de couleur noire, et notez bien le numéro de la plaque. Vous ne pourrez pas dire que vous n'avez pas été prévenus…
(*) Parmi mes milliers d'ancêtres authentifiés, l'individu né le plus au sud est originaire d'Allerey, dans le département de Côte d'Or…

[ cette note est la 400e de ce blogue ]

jeudi, 12 janvier 2012

Si la Gauche passe…

Comme l'a fort justement souligné le président de l'Assemblée Nationale, l'excessivement modéré M. Bernard Accoyer, « la mise en œuvre du programme utopique et archaïque ourdi par la gauche aurait des conséquences économiques et sociales qui pourraient être comparables à celles provoquées par une guerre »
Les scrupules perceptibles dans les propos de M. Accoyer ne font voir que trop de délicatesse.
Listons un peu les autres très graves répercussions d'une irruption, dans les ors du pouvoir de notre belle et grande nation, d'une gauche revancharde aux manières de cosaques, on objectera pêle-mêle que :
-par la sécurité sociale les disques de Didier Barbelivien et de Johnny jamais plus remboursés  ne seront
- jamais plus les malins vous ne ferez !…
-d'être encore plus vulgaire que maintenant sera et devenir l'idole de la droite Laurent Gerra l'exploit réussira…
-abattu sommairement par un insurgé islamo-gauchiste marseillais portant kalashnikov, comme Kadhafi Sarkozy sera …
-aussi stupide la droite française toujours sera …
-Lancar Benjamin avec son gilet pare-balles se couchera…
-de touitter pendant la messe définitivement j'arrêterai …
- du Paradis Latin et du Crazy Horse les danseuses sous leur niqab danser nues toujours pourront…
-de pédaler dans sa Trabant obligé on sera  !…
-comme sous le roi Mitrand l'heure d'été sera …
-l'électricité, le gaz, le pain, le vin et le Boursin rationnés seront…
-à San Giovanni in Laterano en compagnie de Jean-Marie Bigard enfant de chœur à plein temps Sarkozy deviendra…
-Le cri de ralliement de l'OM: « Gauche aux putes » à la place de « Droite au But » deviendra
-les pipes sous la contrainte d'un 357 Magnum plus rares seront …
-juste débarrassés d'une politique d'extrême droite on sera …
-sur l'ensemble de la côte Est les USA un mur de l'Atlantique érigeront…
-« c'était mieux du temps où la Gauche était au pouvoir ! » dira-t-on
-au moyen de ciseaux en plastique tondue et au chocolbif Suchard Nadine Morano goudronnée sera …
-Hara Kiri avec un suppositoire de sarkozyl me ferai…
-Revendue en solde aux Anglais Bordeaux sera …
-de 18 mois et obligatoire le service militaire rétabli sera
-en Kolkhozes transformés tous les GAEC seront…
-maladroites les femmes deviendront …
-à Paris les petits enfants les bolcheviks mangeront !…
-et sutout de Tchernobyl le nuage enfin la frontière passera !…

mercredi, 11 janvier 2012

Patin Artistique

Dans le film « la Délicatesse » de Stéphane et David Foenkinos, on peut y voir Audrey Tautou se diriger avec détermination vers François Damiens et lui coller avec application et soudaineté un patin aussi lascif qu'inattendu. Surprenant… ( voir à 0:33 )

2658.jpg


Bon, il n'y a pas de quoi en faire une montagne, une maladie ou tout un roman, mais tout de même, en voyant cette scène, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le rapprochement entre cet assaut buccal conjonctif et une fugace aventure dont je fus victime - que mes admiratrices me le pardonnent - à bouche consentante : Il se trouve que par le passé j'ai moi aussi essuyé un si sensuel et soudain assaut non sollicité : – c'était en face du Palais de Justice, à Reims, et j'avais vingt-cinq ans, j'étais accompagné… L'incident fut court et mémorable. Je ne courus point derrière la jeune personne, une fois son aimable forfait accompli. Je remarquai simplement una lacrima sul viso, qui pouvait à demeure me laisser songer à de potentiels délices futurs… Je choisis d'en rester là, sur ces points de suspension. Voir cela, à 0:25

mercredi, 04 janvier 2012

Sale mec !

   Parc'qu'en termes choisis, loin de propos d'évêque
   Il avait imité le nerveux président
   François reçut soudain piques et coups de becs
   Flèches, lances, couteaux, et vieux coups dans les dents

   L'autre qui nous les gonfle autant que des pastèques
   Vite a lâché ses chiens tout en faisant semblant
   D'avoir été par lui traité de sale mec
   D'escroc et de menteur, de coquin, de brigand

   Les témoins du forfait, des propos infamants
   Qu'on prêtait à Hollande, réfutèrent aussi sec
   La saillie UMP et ses dénigrements
   Dignes de malappris et d'australopithèques

   Trop souvent éloigné de sa bibliothèque
   Et usant d'un parler bien des fois très charmant
   Comment faut-il alors en termes élégants
   Inviter Nicolas se faire voir chez les Grecs ?…

vendredi, 02 décembre 2011

L'histrion et le turlupin

Voilà à coup sûr un billet écrit par un chroniqueur du Point à l'esprit tout empreint de finesse, à l'esprit léger et facétieux, au style enlevé, élégant et généreux.
M. Besson, pas le transfuge de revigorante mémoire prénommé Éric, mais un autre, répondant quand on le sonne au petit nom de Patrick, a décidé de nous narrer une petite teutonnerie, dont l'invitée est Mme Eva Joly, candidate à l'élection présidentielle choisie par le groupe politique Europe-Écologie-Les Verts.
Jetons un instant un aimable coup d'œil sur la livraison, du premier de ce présent décembre, de cet engageant phraseur à cette ouèbesque page :
Prenons maintenant notre épuisette pour y tirer -au hasard- quelqu'amusante phrase aux fins de l'apprécier à sa juste valeur : « Che n'héziderai bas à vous mèdre en examen et égrouer doute intifitu qui s'élèfera gontre la falitité du scrudin hisdorique te mai 2012 ».
D'emblée, on semble percevoir la transcription d'un dialogue de film populaire français, où le locuteur pourrait être au choix Roland Giraud ou Francis Blanche, ou un autre
On renâclerait un tantinet à placer ces phrases dans la bouche de, par exemple, Lili Palmer, ou encore d'Hanna Schygulla, du fait de la masculinité ambiante par trop odoriférante qui exhale naturellement de la proposition.
Bien entendu, au fil de cet article, on ne se hasarde guère à octroyer un hypothétique sens à ce qui est ainsi couché là, mais plutôt à donner du son, un son qui évoque naturellement cela .
Aussi sera-t-on enclin à aboucher cette bessonique saillie de celle du fameux turlupin Jean-Marie Le Pen qui nous a gratifié, il n'y a guère, d'une sortie mémorable autant que subtile au sujet de la candidate écologiste.
Est-il utile d'évoquer les commentaires fielleux d'affidés d'une dextre aux abois, chassant néanmoins à courre les Khmers verts et d'improbables bruns-rouges sortis de leur fertile imagination ?…
La presse manquait notablement d'histrions et de fagotins de la trempe de M. Patrick Besson. Nous voilà rassurés…

14:57 Écrit par boeufquipleure | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

mercredi, 30 novembre 2011

Ça gratouille Téheffun ou chatouille l'Huemmepée ?

« Les sots ont cela d'impardonnable qu'ils font éprouver de l'indulgence pour la méchanceté.»  (Villiers de l'Isle-Adam, citant lui même un autre auteur, dont j'ai oublié le nom…)
La sémillante Rachida Dati, de sympathique mémoire, avait œuvré pour la mise en place d'une loi rétroactive d'application immédiate. (Comparez à l'occasion avec le bandeau en sous-titre de ce modeste blogue, et vous comprendrez à quelle époque débuta la funeste carrière du Bœuf Qui Pleure…)
C'est beau, c'est bien, c'est généreux, c'est magnifique !
Les déchets de la société, les cancrelats, la vermine, parias gueux et hors-caste n'ont qu'à bien se tenir.
Désormais, nécessité faisant loi, la populaire loi de Lynch s'applique de manière spectaculaire, efficace et prophylactique sur l'ensemble de notre braveterritoire.
Le ciel, aidé dans sa miséricorde et sa bienveillante générosité par Téheffun, sous le haut-commandement de l'Huemmepée, a donc permis que s'abatte sur les pédophiles cachés çà et là sur l'ensemble de notre braveterritoire l'inflexible vindicte, prouvant ainsi définitivement au monde entier notre plus haut degré de la civilisation.
Certes, on ne fait pas d'omelette sans casser quelques œufs, et  le décès, pour navrant qu'il soit, de ce retraité de Brest ne doit pas nous faire oublier qu'au bout du compte, cet innocent était un coupable en puissance : « Tout porte à croire qu'il y a eu une interprétation de ce geste par d'autres parents de bonne foi par rapport à ce monsieur qui avait l'habitude d'évoluer autour de l'école », a souligné le policier…
De surcroît, ce regrettable incident aura eu le bon goût d'éviter à ce retraité une pénible garde à vue, au cours de laquelle il aurait fini par avouer avoir tondu d'un pré la largeur de sa langue, qui sait ?…
De bonne foi. Puisqu'on vous le dit…
« Qu’est ce qui passe ici, si tard ? Compagnons de la Marjolaine.
Qu’est ce qui passe ici, si tard ? Gai, gai, dessus le quai.
C’est le Chevalier du guet,Compagnons de la Marjolaine.
C’est le Chevalier du guet, Gai, gai, dessus le quai…

 
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