jeudi, 04 février 2010

C'est fichu !

Besancenot présentera, sur ses listes du NPA, une candidate voilée. Nom de dieu !
Ainsi libellée, cette nouvelle nous prépare donc au pire. Imaginez un peu : comment ira voter la candidate portant –forcément– burqa ou niqab. La tronche du président du bureau voyant arriver Belphégor himself. Dare-dare, toutes les tévés du oinqué, de France, de Navarre jusques au Danemark, radineraient pour habiller le fenestron.
Pourtant, à bien observer la passionaria de la Nouvelle Gauche Anticapitaliste, il n'y a pas lieu d'en faire un fromage, tant cette jeune femme qui nous montre ses yeux, son nez, sa bouche, son menton, et même, c'est un comble, les lobules de ses oneilles, ne semble guère différente, en apparence,  de cette autre jeune femme, les épaules de déménageur mises à part.
Bien. Il faudrait quand même arrêter de nous prendre pour des tanches prêtes à gober n'importe quelle mouche qui passe à sa portée.
Résumons : le voile-burqa-niqab, tel qu'il est ordinairement présenté, de manière à épouvanter les bonne gens, c'est grosso modo cela.
ilham-moussaid_articlephoto.jpgAlors, de grâce, appelons réellement un chat un chat, et convenons que l'image offerte de cette femme n'a pas de quoi choquer l'ex-enfant de chœur que je fus dans les années soixante –à mon corps défendant– et qui devait servir la messe devant une pléïade de dame patronnesses ornées de fichus, se levant tôt et communiant plus qu'à leur tour...

Fatals Picards

C'était un chat vivant comme un dévot ermite,
Un chat faisant la chattemite,
Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras,
Arbitre expert sur tous les cas…


Ainsi donc, la chaîne parlementaire Public Sénat avait invité M. Bertrand, ci-devant responsable du parti politique d'obédience présidentielle, à répondre aux questions d'un journaliste du Courrier Picard.
L'habitué des plateaux, député de l'Aisne et conseiller municipal de la ville de Saint-Quentin avait pris place dans un fauteuil journalistiquement thermoformé, qui n'avait rien d'une sellette, et revêtu l'habituel costume impeccablement tissé de suffisance qu'on lui connaît depuis déjà des années. 
L'inquisiteur, en cette circonstance, n'avait rien d'une terreur.  Apparemment victime d'un fauteuil à l'assise récalcitrante, il était grimaçant, hésitant, bafouillant.
Pour entrée en matière, dodelinant du chef,  précocément abattu, les mains à la recherche d'un hypothétique placement apaisé,  la commissure flasque, le regard errant et la lèvre anesthésiée,  il proposa à la pointure –ex-ministre du chômage–  de préciser ses intentions au sujet de la mairie saint-quentinoise, suite aux problèmes de santé de M. André.
La réponse, qu'on pouvait supposer modérée, prit l'allure d'un souffle de vindicte, d'un acharnement bestial, d'une tornade de férocité, d'un ouragan de haine.
Vous ne trouvez pas que votre question est totalement déplacée et scandaleuse, monsieur ?
D'évidence, le traquenard était patent. Nicolas Totet devrait rendre gorge pour ce que le chambellan entendait faire passer pour pas de clerc aux allures d'insulte publique.

Débat musclé entre Xavier Bertrand et un journaliste
envoyé par publicsenat. - L'info video en direct.

La suite ne fut point délectable, mais sans surprise : le supplice d'Attilio Regolo, le martyre de saint Sébastien, ou Joe Frazier abattant Cassius Clay, au choix.
Gilles Leclerc, dirigeant Public Sénat, en Monsieur Loyal dépassé par les événements, avait négligé de conseiller au plumitif picard de numéroter ses abattis. Les studios de Public Sénat resteront pour longtemps maculés du sang de Nicolas Totet, professionnellement mort, même si un élan de sympathie est apparu, suite à la diffusion de cet entretien. Parions que le tortionnaire sera pourtant le seul bénéficiaire de cette corrida meurtrière. Vae victis !
Il est dommage que ce genre de séquence ne soit pas précédé d'une mise en garde, alertant de public du caractère violent des scènes, pouvant choquer un public sensible…

mardi, 02 février 2010

Jusqu'à la mort

Ce n'est pas le fils de saint Augustin qui a parlé ainsi, mais Gérard Depardieu, qui avait choisi en l'occurrence d'apparaître citant Cyrano de Bergerac, aux fins de soutenir son camarade Georges Frêche, empêtré depuis peu dans une mélasse pas très catholique, pour reprendre la propre expression du président sortant de la Région Languedoc-Roussillon.
Certes, la légitimité républicaine vole au secours de Gégé quand il affirme : « Qu'on lui foute la paix,  il a grandement fait pour la Région Languedoc-Roussillon et Montpellier, qu'on le laisse poursuivre sa tâche.»

Léopold Depardieu en campagne dans le Languedoc-Roussillon

Bah ! on peut le laisser tranquille encore quelques semaines, le temps que les électeurs choisissent la liste qu'ils désireront majoritairement voir conduire les affaires régionales de cette contrée.

mardi, 26 janvier 2010

Nicolas ou comment qu'on s'en débarrassera

«Ça se passe pas à la télévision,... même à TF1 !» ainsi le guide suprême répondait-il à la question de Mme Ferrari au sujet d'un hypothétique changement de Premier ministre à l'issue de la branlée annoncée au Reichonales 2010. Évidemment, tout est dans le «même à TF1», qui ne nous aura pas échappé.
Bon, c'est vrai, j'ai pas vu, mais j'ai lu et en ai entendu causer.
À l'heure du marchand de sable, c'est donc le marchand de cravates qui s'était invité sur le plateau d'une télévision dont on connaît la férocité coutumière à son encontre, au milieu d'un échantillon représentatif de la population française, onze Français, non, pas ceux-là, beaucoup trop typés,
EquipeFrance.jpgmais choisi au hasard, sans aucune préférence partisane pouvant laisser penser qu'il y aurait pu y avoir un soupçon de manipulation.
Dans un langage simple, direct, franc et sans ambages, le prez' a annoncé la fin imminente du chômage -dont la responsabilité incombe, comme chacun le sait, uniquement aux socialisses qui ont laissé un héritage désastreux, empêchant les durs-au-boulot de trimer plus de tente-cinq heures par semaine, et les obligeant à cesser toute activité à soixante ans alors que tout le monde sait qu'on pourrait bosser sans peine et dans l'allégresse jusqu'à septante ans- qui allait être résorbé grâce au seul fait de sa volonté, de ses gestes et opinions, permettront d'inverser notoirement la pente montante du chomedu.
De tout cela, tout de même, il reste un étrange sentiment, celui de voir encore enfler de cadavre politique d'un président élu il y a déjà deux ans et demi et qui boursoufle toujours son discours, malgré un relouquage régulier concocté par des conseillers lui assurant la bonne tenue et l'élégance de son jabotage.

amedee_talons.jpg

Une chose est sûre, le cadavre est toujours vivant, et on se demande bien si on arrivera à s'en débarrasser...

lundi, 25 janvier 2010

Je ne fais pas de politique !

Un tweet matinal de J.-Luc Warsmann, héraut de la scientologie libérée, chef de file de la liste UMP aux Régionales pour la Champagne -Ardenne, donnait cela : «Consultation des habitants de Champagne Ardenne, le questionnaire est disponible sur www.warsmann2010.com , répondez en lignewww.warsmann2010.com»
Ouvrons donc le lien www.warsmann2010.com, où l'on aperçoit, sur la senestre, le visage avenant et ovoïde -témoignant d'une solide santé- de M. Warsmann, sur un fond déroulant d'images présentant quelques uns de ses colistiers, dont notre secrétaire d'état Benoist Apparu, adjoint au maire de Châlons-la-Mardre, des vignes, un champ de colza ensoleillé par un séduisant ciel d'été, un pan de hangar en tôle ondulée, un technicien esseulé devant une improbable machine rouge et noire, des jeunes aryens purs bourges paraissant tout droit sortis de la lipdaube des jeunes pops, ou encore un installateur de panneaux solaires vérifiant l'horizontalité du plan incliné.

Sur la dextre, un slogan, d'argent sur fond d'azur : «Moins de politique, plus d'action, c'est urgent pour notre région».



Tel est le cri de guerre que M. Warsmann, rédempteur de la liberté religieuse, propose pour rassembler une population champardennaise, fuyant massivement le désordre instauré par un front marxiste qui exerce sa coupable dictature socialisse sur l'ensemble de la région depuis six longues années.
Finie, la politique, place à l'action.
Imitons un instant le diabolique et bolchevique Jean-Pierre Brard, et consultons son dictionnaire préféré, le Littré. Qu'y trouve-t-on ?
1. Politique : qui a rapport aux affaires publiques.
2. Qui résulte des affaires publiques, qui y prend part, en parlant des hommes.
3. Par extension, qui a rapport  à la conduite des affaires privées.
4. Fig. Qui est fin  et adroit, prudent et réservé.

On peut, pour l'instant,  laisser de côté les autres sens qui nous sont proposés.
Ainsi donc, considérant le slogan adopté par la liste menée par M. Warsmann, il nous est suggéré de réduire le rôle politique de la future assemblée régionale. Nous devrons également nous résoudre à penser qu'il nous enjoint de laisser purement et simplement tomber tout ce qui a rapport à la conduite des affaires publiques, de nous abstenir d'y prendre part, de ne pas nous mêler non plus des affaires privées (ah ! Landru, quand tu nous tiens...), délaisser la finesse, l'adresse , la prudence et la réserve pour jubiler enfin de l'ostentatoire, de la maladresse, de l'imprudence et de l'impudence.
Mais, dites-moi, au fond, cela ne collerait-il pas avec la cuisine que nous sert depuis deux ans et demi un maître queux qui compte se mettre à table ce soir avec trois pelés et deux tondues autour d'un verre de Pernaut ?
Retour sur la vidéo : «Et je dis à Benoist, ramenez-moi chez moi...», je n'y résiste pas !

mercredi, 20 janvier 2010

Le Prez' ne badine pas avec la culture.

Pour Sa Très Lettrée Majesté, la littérature française fout le camp. Enfin, l'attrait de la population française pour icelle, devrait préciser le nouveau protecteurs des Arts et des Lettres de notre beau pays. « On ne joue pas assez de pièces de Musset en France. Cet écrivain est pratiquement oublié.*» 
On croirait Michel Piccoli déclarer, d'une manière tout aussi péremptoire : « y'a plus d'sucre
Musset, à la bourse des valeurs, au Château, a donc le vent en poupe. Ça lui prend de temps à autre, comme une miction soudaine. Comme un point à l'endroit succède à un point à l'envers, l'attrait compulsif pour Alfred de Musset succède au désamour pour Madame de La Fayette. À un point tel que, si ça ne tenait qu'au prez', il nous en ferait bouffer à longueur de journée, et jusques à vomir, du Musset. Lui qui naguère ne tarissait pas d'éloges en direction de Johnny Hallyday et de Mireille Mathieu, se voit désormais saisi d'une soudaine fièvre mussetienne, qui semble lui seoir d'une façon tout aussi naturelle qu'un frac sur le dos de Joe Starr. C'est que Musset, ça classe immédiatement. On imagine les masses laborieuses se précipitant et compulsant vivement dictionnaires et encyclopédies afin de se mettre au diapason du nouveau phare de la pensée universelle.
En attendant, on peut penser que son coach littéraire lui aura déjà proposé, qui sait, un Julia Kristeva sans peine après s'être attaqué –on peut s'attendre à tout à présent– aux Chants de Maldoror pour les Nuls.
*le Canard Enchaîné, 20.01.2010, page 2.

 
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